Cité de la gastronomie : la Métropole se (re)donne du temps

Publié le 02/09/2021

La collectivité va prendre à sa charge le budget de fonctionnement des lieux (un million d’euros par an) durant les deux prochaines années afin d’expérimenter et mettre sur pied un nouveau projet.

Certes il y a eu la crise sanitaire. Mais pas seulement. Membre fondateur du fonds de dotation de la Cité de la gastronomie, le chef étoilé Régis Marcon a reconnu ce jeudi midi que le projet mort-né porté par Magma Cultura n’était pas mâture tant en termes de commercialisation que de scénographie (« un échec ») et n’avait donc pas été en mesure de répondre à « la très grosse attente » née autour de cette institution en germes. Ouverte en octobre 2019 puis fermée en mars 2020 lors du premier confinement, cette version de la Cité de la gastronomie ne rouvrira jamais. Tout n’était cependant pas à jeter, à commencer par l’espace « miam-miam » dédié aux enfants (photo ci-dessus).

« Echec », « fiasco », « regard trop économique », « volonté de ne pas mettre d’argent public et de ne pas associer les acteurs locaux » : Bruno Bernard, qui a hérité du dossier, a la dent plus dure. Reste qu’aujourd’hui l’issue n’est pas simple. Outre la réouverture lors des journées du patrimoine 2020 et les week-ends suivants (un peu plus de 7 000 visiteurs), quelques évènements et la possibilité de visiter quatre salles le premier dimanche de chaque mois, pas grand chose.

Rabelais à la rescousse

La Métropole se lance donc dans deux années d’expérimentations au cours desquelles elle prendra à sa charge les coûts de fonctionnement – soit deux millions d’euros au total – afin de définir les contours d’un « projet hybride », à hauteur d’enfants, fédérant les professionnels de la gastronomie, de la restauration, de l’agriculture, de l’alimentation et de la santé. Ateliers, conférences, évènements… Même le calendrier des manifestations – gratuites ou payantes – des prochains mois demeure flou, également du fait de la situation sanitaire actuelle.

Outre la présence au côté de la Métropole des mécènes qui avaient apporté 10 millions d’euros, la nouveauté réside dans la constitution du comité Rabelais pour contribuer à la définition de la programmation et du projet. Sous le patronage de l’écrivain médecin à l’Hôtel-Dieu et gastronome, on retrouve à la fois des chefs (Christian Têtedoie, Joseph Viola…), des spécialistes de la nutrition et de la santé, mais aussi des représentants de l’agriculture, de l’artisanat et des métiers de bouche (bouchers, boulangers…) ou des porteurs d’initiatives sortant des sentiers battus (Groupement des épiceries sociales et solidaires, associations Vrac, Les Petites Cantines ou Les Greniers d’Abondance…). Voilà qui donne une idée de l’orientation, plus locale, actuelle et quotidienne, donc assez différente du projet prestigieux et coûteux qui avait échoué. Ce n’est donc qu’à horizon 2023 que l’on en saura plus sur le projet, sa gouvernance, son mode de gestion et son coût de réalisation…

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