La Métropole veut encadrer les loyers à Lyon et Villeurbanne

Publié le 05/10/2020

Une demande d’expérimentation de la mesure durant cinq ans a été votée ce lundi au Grand Lyon.

Drôle de débat ce lundi en conseil de Métropole à propos de l’encadrement des loyers. Par les voix de Michel Le Faou (Progressistes et républicains), Louis Pelaez (Inventer la métropole de demain) et Dominique Nachury (Rassemblement de la droite, du centre et de la société civile), les opposants ont alterné entre inefficacité et dangerosité de la mesure proposée. Sans que l’on ne comprenne très bien comment elle pouvait être les deux à la fois. Les deux premiers prédisent d’ores et déjà un faible impact sur les prix et une fuite des habitants et des investisseurs du périmètre concerné – Lyon-Villeurbanne – ce qui va nuire à la construction de nouveaux logements. Pour la troisième, les règles actuelles suffisantes. Le problème étant avant tout le manque de logements.

Reste que la majorité étant ce qu’elle est, la délibération présentée par le vice-président au logement Renaud Payre a été adoptée sans difficulté. Il s’agit donc de demander à l’Etat l’autorisation d’expérimenter durant cinq ans l’encadrement des loyers à Lyon et à Villeurbanne. Si l’exécutif espérait à l’origine étendre le périmètre à la première couronne, il en est revenu. L’inclusion d’Oullins et de Caluire, par exemple, risquant d’affaiblir le dossier puisque ces communes ne répondent pas à tous les critères définis par la loi Elan.

Brigade du logement

Concrètement, si l’Etat donne son aval – ce qui est probable – courant 2021, ses services devront ensuite définir un zonage du périmètre puis fixer pour chaque secteur un barème par catégorie de logement (loyer médian constaté +20  %) à ne pas dépasser lorsqu’une habitation est mise ou remise en location ou en renouvellement de bail. Première cible : les petites surfaces. On atteint dans celles-ci un prix au mètre carré de 16,2 euros contre en moyenne contre 12,6 euros  à Lyon, 12 euros à Villeurbanne et 11,8 euros sur l’ensemble de la Métropole.

Corollaire de cette expérimentation, la Métropole va rapidement se doter d’une brigade du logement qui devra à la fois veiller à l’application de ces barèmes, à la lutte contre l’habitat indigne, au recensement des logements vides et au respect des règles en matière de locations touristiques de courte durée type Airbnb.


Rhonexpress  : perspectives moins flatteuses

A la résiliation du contrat de concession de Rhonexpress, en février dernier, il était promis une baisse des tarifs de la navette, une amélioration de la desserte pour le T3 et – malgré une indemnité de 40 millions d’euros versée à la société évincée – un bénéfice cumulé de 40 à 60 millions d’euros d’ici 2038. La crise sanitaire, celle du transport aérien et donc de l’utilisation de Rhonexpress ont radicalement changé les perspectives. Il est désormais question d’une perte de 30 à 60 millions d’euros. Un chiffre revenant entre – 20 millions et l’équilibre avec la non application de la baisse des tarifs. Bruno Bernard a rappelé que l’objectif premier était une meilleure desserte pour les habitants via le T3. Des tarifs moins élevés devraient néanmoins être proposés aux usagers quotidiens travaillant à l’aéroport ainsi qu’aux voyageurs utilisant la navette pour aller prendre le train à Saint-Exupéry.

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