La relance économique par les économies d’eau

Publié le 16/09/2020

Les canalisateurs du Sud-Est plaident pour un meilleur entretien des réseaux afin de réduire les fuites et le gaspillage. Dans le Rhône, le taux de perte du réseau est estimé à 17  %.

Pour un collectivité, c’est certes un investissement moins visible – à l’exception des travaux et de leurs nuisances – qu’une salle des fêtes. Mais non moins indispensable. D’après les données du Sispea (Système d’information des services publics d’eau et d’assainissement), le taux de perte du réseau d’eau en France se situe à 19,7 %. C’est-à-dire qu’un cinquième de l’eau part – au sens propre – dans la nature avant d’arriver à destination. Et encore, ces chiffres reposent sur du déclaratif. Certains professionnels estiment que la réalité est certainement pire.

En Auvergne-Rhône-Alpes, ces taux varient de 15 % dans la Loire à 31 % dans le Cantal. Le Rhône, avec ses 10 600 km de réseaux se situe à 17  % de perte. « Au plan national, cela représente environ 1,3 milliard de mètres cubes par an. On a l’habitude d’expliquer, de manière imagée, que chaque année nous perdons l’équivalent du lac d’Annecy« , rappelle Pierre Rampa, le président des canalisateurs du Sud-Est. Plusieurs éléments expliquent ces fuites : l’ancienneté du réseau évidemment mais également la nature des sols, les matériaux utilisés et la qualité de la pose. « Certaines canalisations qui ont 90 ans sont encore bonnes tandis que d’autres, posées il y a 20 ou 30 ans sont à refaire« , souligne le représentant. D’où la volonté également de lutter contre la politique du moins disant avec des critères de qualité. Selon lui, on peut situer la durée de vie moyenne entre 60 et 80 ans.

1,5 millions de mètres cubes économisés

Les professionnels du secteur plaident à la fois pour un travail permettant d’avoir une meilleure connaissance du réseau (âge, matériaux…) afin d’anticiper les besoins à venir et pour un doublement du taux de renouvellement des canalisations avec des plans pluriannuels. Il est aujourd’hui de 0,6  %. Selon eux, sinon le risque est grand de voir tous les réseaux construits dans les années 50 et 60 lâcher en même temps. Et de prendre l’exemple de Vienne dont les travaux permettent une économie annuelle de 1,5 million de mètres cubes.

Dans le cadre du plan de relance, les Canalisateurs du Sud-Est militent donc pour la lutte contre le gaspillage de l’eau. Un slogan qui peut être porteur après la vague verte des dernières élections. Et ce, d’autant que le confinement a rajouté aux difficultés « classiques » d’une année électorale. « Nous avons vu les appels d’offres chuter de 32  % en Rhône-Alpes, assure Michel Réguillon, délégué régional de la fédération. Soit 15 points de plus par rapport à une année électorale normale« . Les réseaux d’eau et d’assainissement représentent 20  % de l’activité des travaux publics.

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Commentaires sur La relance économique par les économies d’eau

  • Lucius Plancus dit :

    « chaque année nous perdons l’équivalent du lac d’Annecy »…L’eau n’est pas encore chère en France !