Le projet qui supprime le centre d’échanges

Publié le 25/02/2020

Une architecte indépendante propose un ouvrage enterré sous Gerland pour relier l’A6 au périphérique actuel, au niveau de la porte de Saint-Fons. Elle vise la suppression du centre d’échange. En permettant de réduire la circulation sur les quais du Rhône, son projet sera aussi vu comme une alternative à l’Anneau des Sciences.

Hélène Duhoo a un rêve : supprimer le centre d’échanges, cette « erreur magistrale ». Ce mardi matin, au côté d’Eric Lafond et Denis Broliquier, candidats aux élections qui appuient sa démarche, cette architecte indépendante révélait au grand jour son projet sur lequel elle travaille depuis plus d’un an. Celle qui a notamment travaillé au sein du cabinet Techné propose un boulevard enterré de 2,8 km sous Gerland reliant l’A6/A7 au niveau du cours Verdun jusqu’au périphérique actuel (boulevard Laurent Bonnevay), à hauteur de la porte de Saint-Fons (Cf. tracé en pointillés jaunes sur la carte ci-dessous).

Les voitures venues du nord (de Limonest ou d’Ecully par exemple) prendraient cette infrastructure au sortir du tunnel de Fourvière, au niveau de l’actuel centre d’échanges. Mais au lieu de remonter côté Rhône, elles chemineraient sous le fleuve et le 7e arrondissement pour ressortir avenue Tony Garnier, vers l’entrée du port Edouard Herriot. Une variante de 3,8 km (1 km de plus) propose de suivre les voies ferrées et de réémerger au niveau du périphérique actuel, « ce qui permettrait un chantier en tranchée ouverte » eu lieu du tunnelier. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agirait de deux tubes. L’architecte imagine aussi une entrée et sortie aménagées en rive gauche du Rhône, au niveau de Gerland. Ce chantier devrait toutefois impacter le trafic du métro A et la circulation sur l’A6/A7.

« Toute nouvelle voie génère des flux, mais ce n’est pas le cas ici. Il ne s’agit que d’un déplacement de voiries et elles seraient même réduites », souligne l’architecte. La circulation sur les quais du Rhône baisserait, ce qui autoriserait des pistes cyclables généreuses (l’architecte y voit l’opportunité de boucler la Via Rhona) et une reconfiguration de l’axe en boulevard apaisé (2×2 voies). Hélène Duhoo a calculé : 44 hectares seraient récupérés sur des voies routières, « soit la moitié du parc de la Tête d’Or » dont 8 ha en Presqu’île. « Ce serait une véritable métamorphose », dit-elle. La suppression du centre d’échanges permettrait de requalifier la gare de Perrache, avec un nouveau parvis, et d’allonger la place Carnot « qui gagnerait un quart de surface ». De part et d’autres, de nouvelles constructions seraient possibles, dédiées au logement. Le cours du Midi – dont les anciens se rappellent l’existence avant l’arrivée de l’autoroute – serait ressuscité.

Le projet nécessite plusieurs travaux connexes. La réalisation d’un pont sur le Rhône pour relier plus facilement l’ouvrage enterré à l’A450 (Brignais/Pierre-Bénite). Au niveau de la place Carnot, le métro devrait être abaissé sur « 150 mètres » pour que son terminus soit enfoui (il affleure aujourd’hui en surface). La gare routière seraient aussi enterrée. Le parking du centre d’échanges disparaitrait avec lui, un nouveau parking serait créé côté Saône « et d’autres dans les nouvelles constructions ».  Enfin l’architecte propose un tube mode doux sous Fourvière. Même si ce n’est pas l’intention d’Hélène Duhoo, son projet sera vu comme une alternative à l’Anneau des Sciences en reliant Teo au boulevard Laurent-Bonnevay par l’ouest. Son avantage : cet ouvrage enterré, 5 fois plus court, serait 3 fois moins cher (même si le recours au privé via une concession n’est ici pas prévu).

Moins d’un milliard d’euros

Hélène Duhoo a naturellement chiffré son projet : de 700 à 900 millions d’euros, selon la variante retenue. Parmi ce montant, 560 à 760 millions d’euros pour les deux tubes. Egalement compris dans cette enveloppe, le nouveau pont et la reprise des voiries de surface pour 22 à 32 millions d’euros (seulement ?) ainsi que le tube mode doux (qui apparait comme un projet complémentaire) pour 70 millions d’euros.

 

Commentaires

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Commentaires sur Le projet qui supprime le centre d’échanges

  • Victor Sessa dit :

    C’est très bien de supprimer cette abjection architecturale qu’est ce « centre d’échanges ». J’espère que ça se fera.

  • Guilloteau Jean-Claude dit :

    Une excellente idée : supprimer le blockhaus de Perrache, libérer les quais du Rhône, boucler le périphérique entre ouest et est, diminuer les voitures en centre ville, le tout trois fois moins cher que l’Anneau des Sciences. Avec les fonds ainsi récupérés, il faudrait investir dans un véritable RER qui conduirait les habitants de l’ouest vers Perrache au lieu de Saint Paul. Il faut en effet développer à la fois les transports en commun (diminuer la pollution en centre ville) sans bouder totalement l’automobile (les transports collectifs ne répondront jamais à tous les besoins, notamment en périphérie ).

  • Bernard dit :

    Article « Le projet qui supprime le centre d’échanges ».
    .
    Et si on investissait tout de suite les 700 à 900 M€ dans le véritable RER qui conduirait les habitants de l’ouest vers Perrache au lieu de Saint Paul ? Avec de telles sommes, il y a largement de quoi faire.
    .
    Ensuite les 2 ou 2,5 milliards euros – différentiel de coût avec l’anneau des sciences – pourraient servir à développer progressivement d’autres transports en commun, afin de répondre le plus possible aux besoins de la périphérie.

  • POTY MARC dit :

    RENDRE PERRACHE PLUS ACCEPTABLE

    Entre le Rhône et la Saône, cette belle esplanade avec ses six rangée de platanes, appelée Cours du Midi puis, baptisée  » Cours de VERDUN « , en mémoire au massacre organisé de 1916, par le Gouvernement français 🇫🇷 de l’époque, où périr injustement les enfants de la France, 🇫🇷 Sacrifiés en Martyrs-Héros, durant cette grande guerre de 1914-1918, qui opposait la France 🇫🇷 à l’Allemagne de Guillaume II [Restaurateur humaniste du Château du Haut kœningsburg situé en Alsace …].

    Cette magnifique esplanade arborée, est devenue soixante années après, en juin 1976, sous l’impulsion d’un Maire de Lyon ambitieux, démoniaque et inconscient, allié au laxisme du Gouvernement parisien lui aussi d’une époque dissolue, aidé en cela également par quelques petits barons cupides locaux qui, chacun dans leur Spécialité, ont pressenti une aubaine en « Affaires », en ce siècle de l’Automobile, pour accepter de défigurer le lieu emblématique, inscrivant durablement dans le béton, le démembrement de ce Cours, au point de lui faire porter désormais, un nom prédestiné, synonyme du Chaos qui l’avait immortalisé et allait irrémédiablement le bouleverser …!

    Heureusement, les Hommes et les Guerres passent, la Terre 🌏 panse ses blessures, asséche ses plaies…

    La Noblesse et la Volonté des Individus, porte parfois ceux-ci à revisiter leurs mauvaises Copies, à Corriger les fautes commises au fil du Temps, ce qui offre l’opportunité à l’humanité de rencontrer avec bonheur, des Cas de Conscience, dont on ne peut décemment mettre en doute, même si le Progrès pousse nécessairement à contresens vers l’absurde, la réalité des Erreurs commises, rattrape toujours les Hommes, aussi, ces Femmes et ces Hommes, sont alors bien obligés, d’adopter les Règles du Bon sens, de celles qui nous empêcheront définitivement de sombrer…!

    Merci pour votre aimable Attention

    Marc Poty
    Journaliste 🇫🇷
    Ce 28 Février 2020

  • POTY MARC dit :

    RENDRE PERRACHE PLUS ACCEPTABLE

    Entre le Rhône et la Saône, cette belle esplanade avec ses six rangée de platanes, appelée Cours du Midi puis, baptisée  » Cours de VERDUN « , en mémoire au massacre organisé de 1916, par le Gouvernement français 🇫🇷 de l’époque, où périr injustement les enfants de la France, 🇫🇷 Sacrifiés en Martyrs-Héros, durant cette grande guerre de 1914-1918, qui opposait la France 🇫🇷 à l’Allemagne de Guillaume II de Hohenzollern [Restaurateur « humaniste » du Château du Haut-kœnigsbourg situé en Alsace …].

    Cette magnifique esplanade arborée, est devenue soixante années après, en juin 1976, sous l’impulsion d’un Maire de Lyon ambitieux, démoniaque et inconscient, allié au laxisme du Gouvernement parisien lui aussi d’une époque dissolue, aidé en cela également par quelques petits barons cupides locaux qui, chacun dans leur Spécialité, ont pressenti une aubaine en « Affaires », en ce siècle de l’Automobile, pour accepter de défigurer le lieu emblématique, inscrivant durablement dans le béton, le démembrement de ce Cours, au point de lui faire porter désormais, un nom prédestiné, synonyme du Chaos qui l’avait immortalisé et allait irrémédiablement le bouleverser …!

    Heureusement, les Hommes et les Guerres passent, la Terre 🌏 panse ses blessures, assèche ses plaies…

    La Noblesse et la Volonté des Individus, porte parfois ceux-ci à revisiter leurs mauvaises Copies, à Corriger les fautes commises au fil du Temps, ce qui offre l’opportunité à l’humanité de rencontrer avec bonheur, des Cas de Conscience, dont on ne peut décemment mettre en doute, même si le Progrès pousse nécessairement à contresens vers l’absurde, la réalité des Erreurs commises, rattrape toujours les Hommes, aussi, ces Femmes et ces Hommes, sont alors bien obligés, d’adopter les Règles du Bon sens, de celles qui nous empêcheront définitivement de sombrer…!
    Merci pour votre aimable Attention

    Marc Poty
    Journaliste 🇫🇷
    Ce 28 Février 2020

  • Marc ANTOINE dit :

    Faire un tunnel double voie. Mais que faire de tout ce qu’il y a dans la boite et autour: bus, autocars, taxis, voitures……?

  • janus J dit :

    Poty Marc / Vous saturez l’espace du forum par un discours historico-humaniste en doublon et hors sujet ! Erreur ou bégaiement ?

  • Bernard dit :

    Article « Le projet qui supprime le centre d’échanges »

    Marc ANTOINE@, pourquoi ne poseriez vous pas la question à la dame Architecte, dont le nom est en début d’article, et les coordonnées téléphoniques sur les moteurs de recherche.

  • Marc ANTOINE dit :

    Si on démolit le Centre que fait-on de ce qui est dans la boite ?

  • janus J dit :

    Bernard / la dame architecte lit aussi bien que toi !

  • Bernard dit :

    Article « Le projet qui supprime le centre d’échanges »
    Contactez donc la dame et posez lui la question
    https://www.google.com/search?client=ubuntu&channel=fs&q=h%C3%A9l%C3%A8ne+duhoo+architecte&ie=utf-8&oe=utf-8

  • Hélène Duhoo dit :

    Bonjour
    je suis l’architecte de ce projet, patiemment élaboré sans aucun conflit d’intérêt (je ne construirai pas).
    Naturellement, et en rapport avec mon niveau d’exigence, le projet fonctionne très bien dans toutes ses dimensions. Pour le pôle multimodal, toutes les fonctions sont conservées, au niveau rue (bus, tram) ou -1, sous la nouvelle place (cars, co-voiturage, déposes minutes, taxis).
    Les constructions sans artificialisation des sols (au dessus des voies) permettent à la fois de faire disparaître les voies routières, les accès, et d’équilibrer les dépenses de déconstruction et réorganisations des espaces publics (pour le secteur Perrache Carnot).
    Cordialement
    Hélène Duhoo

  • ERIC CALLOUD dit :

    J’avais un grand-oncle originaire de Lyon qui était désolé de ce centre d’échanges qui a défiguré et asphyxié Perrache. J’étais très jeune en 1976, mais je l’entends encore pester contre le maire de l’époque qui voulait tout bétonner.
    Si ce projet est viable techniquement et financièrement, il faut l’engager.
    Félicitations à l’architecte qui l’a imaginé. L’époque n’est pas à la densification automobile dans le centre des grandes villes.
    J’ai retrouvé une photo d’époque 1950 je crois avec des allées d’arbres, de la verdure… on croit rêver
    en comparant à maintenant.

    https://www.google.com/url?sa=i&url=https%3A%2F%2Fwww.pinterest.com%2Fpin%2F547609635920385805%2F&psig=AOvVaw1Rt-foc8XAicCVvbJOEEAx&ust=1585006683433000&source=images&cd=vfe&ved=0CAIQjRxqFwoTCKDhupqgr-gCFQAAAAAdAAAAABAL

  • Bernard dit :

    article : « Le projet qui supprime le centre d’échanges »
    Bonjour

    La photo de votre lien, Eric Calloud, date plutôt de 1968 environ :
    la rive droite du Rhône est déjà élargie à 2 x 3 ou 2×4 voies, avec l’échangeur près du lycée Récamier
    .
    Quelques années avant (entre 1955 et 1962), voila ce que ça donnait, et c’était vraiment magnifique :
    https://genealanille.fr/borne-de-la-voie-sacree-lyon/

  • Guilloteau Jean-Claude dit :

    D’accord avec M. Calloud: il faudrait engager ce projet. Malheureusement, il faut pour cela une volonté politique; or je ne suis pas certain que les projets à connotation routière fassent partie des objectifs prioritaires de la future majorité qui se dessine pour la métropole. Il faudra sans doute attendre, au mieux 2026, à l’heure du bilan, lorsque les quelques lignes de tramways et de téléphériques auront montré leur incapacité à régler le problème de la circulation automobile, pour se reposer la question du bouclage du périphérique. L’Anneau des Sciences, trop cher, n’aura plus beaucoup de partisans; le projet de Mme Duhoo refera sans doute surface, si j’ose dire…

  • Bernard dit :

    Article « Le projet qui supprime le centre d’échanges » :
    Mr Guilloteau, vous prêtez d’avance aux quelques lignes de tramway et de téléphérique (figurant dans le programme de la future majorité qui se dessine pour la Métropole) une incapacité à régler le problème de la circulation automobile ?
    .
    A l’opposé, il n’est pas besoin d’attendre 2026 pour démontrer l’incapacité des projets ROUTIERS à régler ces mêmes problèmes :
    On constate depuis des décennies qu’ils ne parviennent pas à les régler.
    Bien au contraire même : les projets routiers génèrent ces problèmes de circulation automobile !
    .
    Il est donc primordial d’orienter l’investissement vers les transports en commun, les aménagements en faveur des vélos et de refondre l’urbanisme pour raccourcir les distances entre le domicile et les divers lieux d’occupation, travail, écoles, commerces, services, loisirs, etc…

  • Guilloteau Jean-Claude dit :

    En réponse à M. Bernard. Je suis en partie d’accord avec vous: il faut bien sûr remplacer la voiture par des transports en commun partout où c’est possible (surtout en centre ville où le nombre de déplacements est important); mais il faut AUSSI régler les nombreux cas de liaisons diverses et variées où la voiture reste la seule solution. Financer les deux: là est la question !

  • Bernard dit :

    Article « Le projet qui supprime le centre d’échanges »

    « remplacer la voiture par des transports en commun partout où c’est possible (surtout en centre ville où le nombre de déplacements est important) » écrivez vous ?

    Mais surtout en PERIPHERIE, dirais je plutôt.
    Car en centre ville les déplacements se font déjà très majoritairement autrement qu’en voiture.
    .
    C’est dans les périphéries, même celles peu éloignées du centre, que les transports en commun sont insuffisants, et qu’il faut les développer pour permettre aux citoyens de tous âges de ne plus dépendre d’une voiture (la leur, ou celle de Papa/Maman).
    .
    Exemple : La zone d’activités Techlid, située de chaque côté de la M6 (ancienne A6) est le lieu de travail de Lyonnais résidents du 5ème arrondissement. Or AUCUN bus ne relie directement cet arrondissement et ce secteur d’emploi : il faut une et le plus souvent deux correspondances.

    Autre exemple : La ligne de bus C19 desservant Sainte Foy depuis Perrache est dit « forte », mais passé 21h30 on n’a plus qu’un bus par heure (horaires d’avant la crise du Covid 19)

    Autre exemple : Les zones d’habitat et d’activité qui s’enchaînent sur Corbas – Saint Priest – ZI St Priest Mi Plaine – ZI Chassieu – Chassieu – Décines, génèrent entre elles d’énormes échanges en voiture (qui encombrent l’A46 au moins autant que les Parisiens ou les Néerlandais en transit).
    Pourtant la ligne de bus 76 qui les relie n’offre qu’une vingtaine d’allers et retours par jour, quand il en faudrait 5 fois plus pour qu’elle devienne attractive et qu’ ici encore les gens ne soient pas contraints d’utiliser des voitures.

    Il me semble que ni l’anneau des sciences de Gérard Collomb, ni le projet de l’architecte présenté dans cet article ne régleront ces insuffisances, ni ne permettront d’alléger l’utilisation de l’automobile, malgré les nuisances qu’elle engendre.