Vessiller et Van Styvendael : convergences et (rares) différences

Publié le 20/02/2020

Europe Ecologie les Verts et la gauche rassemblée devraient fusionner au second tour. Au niveau programmatique, ce rapprochement semble aller de soi.

Chef de file de la gauche rassemblée à Villeurbanne, Cédric Van Styvendael se revendique d’une « génération climat ». Façon pour lui d’asséner que « l’écologie n’est pas la propriété d’un parti ». Suivez son regard… En dépit de quelques piques, sa liste et celle d’Europe Ecologie les Verts présentent des convergences. L’enjeu : qui de lui ou de Béatrice Vessiller sera devant l’autre, au soir du premier tour, pour conduire la liste d’union de second tour. Et devenir, éventuellement, maire.

1/ Création de parcs

L’objectif de verdir une ville très minérale est poursuivi par les deux candidats. Cédric Van Styvendael cible un objectif de 15 hectares d’espaces verts, soit « l’équivalent de 25 stades de foot ». Il met en avant celui le long du canal de Jonage (sur 1 km), aménagé à la place de la rue du Canal et qui participe de la requalification de Saint-Jean, ainsi qu’un autre, à l’Autre soie, qui sera autogéré par les habitants. Béatrice Vessiller souhaite un espace de 3 ou 4 hectares sur le site de l’usine ACI (entre les Gratte-Ciel et l’avenue Salengro). Floyd Novak (EELV) veut aussi « de petits parce de proximité, des mini forêts urbaines ». Les places Grandclément et Kimmerling seraient plantées.  L’un et l’autre inclut le parc de 3,2 hectares prévu à Grandclément.

Cédric Van Styvendael

Cédric Van Styvendael

2/ Desserte tramway

En matière de déplacement, l’un et l’autre soutiennent le prolongement de T6 jusqu’à la Doua, traversant la rue Paul Verlaine ou un tracé plus à l’Est, ainsi que l’extension de T1 jusqu’à Vaulx-en-Velin via Saint-Jean. Bruno Bernard, tête de liste EELV aux métropolitaines, a une idée originale : prolonger T1 jusqu’à Bellecour via le pont Wilson. Un projet qui permettrait de relier Saint-Jean, la Doua et Charpennes au centre-ville lyonnais. Les deux candidats souhaitent améliorer la fréquence de la ligne 7 qui traverse Saint-Jean. Au niveau métropolitain, Cédric van Styvendael défend la gratuité « progressive » des transports en commun pour les moins de 25 ans.

3/ Booster le vélo

Les deux listes veulent plus d’aménagements pour les vélos. Cédric Van Styvendael propose deux axes majeurs : le long du boulevard Stalingrad et le long de l’avenue Einstein en direction des Puces du canal et du parc de Miribel Jonage. Parmi ses propositions, 14 parcs à vélos sécurisés et une prime à l’acquisition d’un vélo électrique. Parmi le réseau express vélo voulu par Europe Ecologie les Verts, un axe Quincieux/Jonage qui traverserait Villeurbanne d’est en ouest (le long du cours Emile Zola). Les écologistes souhaitent aussi mettre en place une solution innovante contre le vol (et la revente) de vélos, sur la base d’un registre avec numéro identifiant chaque deux-roues. Les deux candidats veulent plus de zones 30, et ils retiennent la piétonnisation de l’avenue Barbusse, même si le socialiste envisage, à plus long terme, d’étendre le périmètre à d’autres rues.

4/ La priorité sécurité

Les uns et les autres ont bien entendu une demande assez forte de plus de sécurité, même si l’un et l’autre se défendent de verser dans le tout-répressif. Europe Ecologie les Verts souhaite augmenter le budget dédié de 4 à 5 millions d’euros. De son côté Cédric Van Styvendael  veut accroitre de 50% les effectifs de la police municipale et ouvrir deux antennes au Tonkin et à Grandclément ainsi qu’une brigade anti-incivilité. Au niveau du Grand Lyon (il conduit la liste métropolitaine), il défendra la multiplication par quatre du nombre de médiateurs. « Il n’y a que neuf éducateurs de rue à Villeurbanne », complète Bruno Bernard, qui demande une hausse des effectifs.

5/ Logements

S’ils s’accordent pour vouloir instaurer l’encadrement des loyers, les deux listes s’opposent sur le rythme de construction. « Il faut ralentir », martèle Béatrice Vessiller qui vise notamment les opérations menées par les promoteurs dans le parc immobilier diffus. Pour Cédric Van Styvendael, réduire le nombre de nouveaux programmes est « le meilleur moyen » de voir les prix continuer à augmenter. Il propose par exemple des constructions au-dessus du périphérique, à hauteur de Cusset, à la faveur d’un partenariat public-privé qui permettra de financer cette couverture du boulevard Laurent-Bonnevay. Un projet inspiré par celui des 1000 arbres, à Paris. Au passage, il estime que l’office foncier solidaire, créé par la Métropole, permettra un prix de sortie de 3200  ou 3300 euros le m2 dans la future Zac Gratte Ciel contre 5500 pour les prix libres. Enfin les deux candidats veulent bâtir trois nouvelles écoles au même endroit : Grandclément, République et la Soie. « On veut des cours d’école moins genrée », précise Béatrice Vessiller.

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Commentaires sur Vessiller et Van Styvendael : convergences et (rares) différences

  • Bernard dit :

    Article « Vessiller et Van Styvendael : convergences et (rares) différences »

    Bonjour,

    Monsieur Van Styvendael propose « des constructions au-dessus du périphérique, à hauteur de Cusset, à la faveur d’un partenariat public-privé qui permettra de financer cette couverture du boulevard Laurent-Bonnevay. »

    Couvrir le périphérique coûte environ 5000 euros par mètre carré, et le projet semble couvrir (si l’on en croit son dessin) bien dans les deux hectares.
    – Pas évident d’amortir une telle dépense initiale pour créer du foncier : il faudrait bâtir au moins le double ou le triple de surface de plancher.
    – pas sûr du tout qu’un quartier créé sur une dalle au dessus de l’autoroute – mais près des sorties aux deux bouts – soit très attractif,
    – et la verdure n’a jamais trop bien poussé sur une dalle de béton – enfin sur l’espace restant entre les constructions – à part pelouse rase et buissons faméliques.