Photo de Jérôme Chion

Transports en commun : une concertation chasse l’autre

Publié le 02/05/2019

Alors qu’il reste jusqu’au 6 mai pour s’exprimer sur le projet de ligne E du métro d’Alaï à la presqu’ile – ou jusqu’à la Part-Dieu comme le réclament nombre de participants – débute aujourd’hui la concertation publique concernant le tronçon nord du tram T6 entre les hôpitaux Est et le campus de la Doua.

Quel est l’intérêt de cette concertation ? Voilà ce que les tenants d’un tracé alternatif pour la partie nord du tram T6 risquent de dire. Même si chacun aura tout loisir de s’exprimer du 2 mai au 14 juin, y compris sur ce qui ne figure pas dans le dossier de concertation, c’est bien le « tracé préférentiel » qui est soumis au public. A savoir celui passant par Grandclément, les Gratte-Ciel et le campus de la Doua pour boucler la première ligne de transports en commun en rocade de l’agglomération à l’intérieur du périphérique.

Pourquoi ne pas présenter un tracé à l’est des Gratte-ciel, moins bien desservis en transports en commun ? Jean-Paul Bret, le maire de Villeurbanne, estime qu’un mode lourd comme celui-ci doit passer dans les secteurs où il y a le plus de monde plutôt que de créer – par son arrivée – de nouvelles zones de développement non anticipées en matière de programmation urbaine. Et d’insister, à l’instar des techniciens du Sytral, sur le fait que le passage par la rue des Bienvenus serait plus compliqué techniquement et humainement puisque cette arrivée entrainerait des expropriations et la destruction de maisons ainsi que de trois immeubles rue Docteur Rollet. Globalement, l’impact foncier serait cinq fois supérieur par rapport au tracé préférentiel. Idem pour la rue Paul-Verlaine où le tram prendrait toute la voirie, interdisant de fait la circulation automobile sur cette artère.

Réalisation en une phase

C’est donc le passage par la rue Henri-Barbusse – au cœur des Gratte-Ciel – qui présente le moins de contraintes. A ceci près que le maire milite ardemment pour qu’il n’y ait pas à cet endroit de ligne de contact aérienne (Lac) et que l’alimentation s’effectue par le sol, comme c’est le cas dans d’autres villes. Jean-Paul Bret assure que les tracés alternatifs pourront être disséqués lors de la concertation, notamment afin que chacun puisse voir les contraintes techniques qu’elles posent. Même si l’objet de l’exercice est avant tout de recueillir l’avis du public sur l’intégration urbaine de la ligne, le positionnement des stations et les usages de l’espace public avec toutefois trois variantes de passage au début du tracé et deux pour l’arrivée à la Doua  : Gaston-Berger ou Insa. Sachant que l’Université s’est prononcée pour la première.

Le bilan de cette concertation – non obligatoire – est prévu pour septembre 2019. Restera ensuite aux futurs élus issus des scrutins de 2020 à décider de lancer – ou pas – ce chantier à 140 millions d’euros comptant 12 stations sur 5,5 km dès le début du prochain mandat pour une livraison en 2024-2025. Sachant que la concertation lancée sur l’ensemble du tracé plaide pour une réalisation en une phase – et non en deux comme évoqué un moment – ainsi que l’a souligné la présidente du Sytral Fouziya Bouzerda.

Informations pratiques sur www.sytral.fr – réunions publiques le 9 mai à 19 heures au CCVA à Villeurbanne et le 29 mai à Lyon.

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Commentaires sur Transports en commun : une concertation chasse l’autre

  • Bernard dit :

    sujet « Transports en commun : une concertation chasse l’autre. »
    .
    Le résultat intéressant de la concertation est le nombre important d’avis opposés au passage dans l’avenue Henri Barbusse.
    J.P. Bret ne se représente pas en 2020 et ses successeurs potentiels se tireraient une balle dans le pied s’ils allaient réclamer les suffrages des électeurs en disant maintenir mordicus le projet sans modification.
    Bref, « balle au centre » et remettez l’ouvrage sur le métier, Mesdames, Messieurs du Sytral.