Nœud ferroviaire lyonnais : un débat à 4 milliards d’euros

Publié le 02/04/2019

S’ouvre le débat public sur le nœud ferroviaire lyonnais dont l’un des enjeux est de répondre à la saturation de la gare de la Part-Dieu. SNCF Réseau propose deux options dont une gare souterraine à 4,3 milliards d’euros. Mais d’autres hypothèses émergent déjà comme une exploitation supérieure de Saint-Exupéry. 

40% de trains en plus aux heures de pointe* : c’est l’objectif du futur chantier de la Part-Dieu qui ne devrait pas être lancé avant une dizaine d’années. A cette fin, un débat public sur le nœud ferroviaire lyonnais va s’ouvrir le 11 avril prochain. Ses modalités ont été exposées ce mardi au cours d’une conférence de presse. L’enjeu est national. « Les TGV sont souvent ralentis avant leur entrée dans la métropole et pendant sa traversée, les TER peuvent avoir plusieurs minutes de retard aux heures de pointe, les trains de marchandises ont de plus en plus de difficultés à y transiter », résumait le rapport de la commission Mobilité 21 dit rapport Duron en 2013. La nouvelle voie L en cours de construction, si elle va réduire la survenue de retards, ne répondra pas aux besoins futurs de nouveaux trains.

Gare souterraine : la Métropole devra payer

SNCF Réseau, le maître d’ouvrage, pilote les réflexions. Une situation que contestent certains élus, comme Christophe Geourjon, conseiller métropolitain (UDI). « C’est un peu comme si le Sytral demandait à Keolis (gestionnaire des TCL, ndlr) d’animer le débat sur le métro E », a-t-il lancé en commission générale du Grand Lyon, le 18 mars.  Il n’empêche, c’est bien la compagnie ferroviaire qui a développé un plan d’actions, qui vise deux voies supplémentaires entre Saint-Clair et le Technicentre de la Guillotière (situé au niveau de la rue Croix-Barret), et passer à quatre voies entre Saint-Fons et Grenay. Selon que cette réalisation aboutit en surface ou en souterrain, la douloureuse serait de 2,8 ou de 4,3 milliards d’euros. L’addition serait supportée majoritairement par l’Etat et les collectivités locales.

Le conseil  d’orientation des infrastructures, dit Duron 2, remis en 2018, ne cache pas que le surcoût des voies enterrées serait à la charge de la Métropole. « Si cette solution devait être retenue, dès lors qu’elle ne trouverait sa justification qu’en lien avec des opérations d’urbanisation, elle n’aurait pas vocation à être financée par le contribuable national », avait-il prévenu. Selon les premières études, un passage en surface se ferait à l’est des voies ferrées au niveau du boulevard de Stalingrad (et du parc de la Tête d’Or) et à l’ouest de ces voies au sud de la Part-Dieu, le long du boulevard des Tchécoslovaques. Le passage en souterrain obligerait à un chantier à ciel ouvert au niveau de la gare, d’où « un impact lourd sur le fonctionnement » des trains.

La Région préfère Saint-Exupéry, la Métropole le hub de la Part-Dieu

Sous l’égide de la commission nationale du débat public, autorité indépendante, le champ de la réflexion est élargie. Jusqu’à l’objectif poursuivi : l’augmentation de l’offre est-elle vraiment nécessaire ? Comme l’explique le président de ce débat public, Jean-Claude Ruysschaert, des scénarios alternatifs ont déjà émergé. En particulier une intensification de la fréquentation de la gare Saint-Exupéry aujourd’hui sous-exploitée, quitte à utiliser une partie des financements mobilisés sur le nœud ferroviaire pour opérer une liaison rapide en direction de Lyon. « La Part-Dieu ne peut pas être le seul endroit où tout converge », a estimé François-Noël Buffet, sénateur (LR) en commission générale du Grand Lyon. « Attention à ne pas renouveler l’erreur de Pradel qui a voulu que l’autoroute traverse Lyon« , a abondé Christophe Geourjon. Ce point de vue est partagé par la Région, tandis que les exécutifs métropolitain et municipal soutiennent un hub à la Part-Dieu. « Il n’y a aucune grande ville européenne qui n’ait pas une grande gare centrale qui desserve l’ensemble de l’agglomération », a lancé Gérard Collomb qui s’inquiète, faute de réalisations, que le Grand Lyon ne « soit à l’écart des grands flux européens ». Une autre interrogation porte sur le fret, qui accapare 15% des sillons ferroviaires actuels et qui pourrait se reporter sur un contournement ferroviaire – une partie du CFAL a été déclaré d’utilité publique.

Le débat est aussi l’occasion pour les Grands Lyonnais d’exprimer leur besoin d’une meilleure desserte du territoire, avec le slogan porteur d’un « RER à la Lyonnaise ». « Il peut se passer beaucoup de choses, jusqu’à la contestation du projet. C’est très ouvert » a conclu, ce mardi, Denis Cuvillier, directeur du projet nœud ferroviaire lyonnais chez SNCF Réseau. Raison de plus pour y participer.

Débat public, mode d’emploi

16 réunions publiques sont organisées, dont trois régionales (à Grenoble, Saint-Etienne et Clermont-Ferrand), sept riveraines (Anse, L’Arbresle, Givors, Vienne, L’Isle d’Abeau, Ambérieu et Lyon), une sur le fret à Pusignan et trois sur les impacts métropolitains (Villeurbanne, Vénissieux et Lyon). Les participants au débat public auront la possibilité de poser des questions auxquelles une réponse sera donnée dans les quinze jours, publiée sur le site. Le compte-rendu retranscrivant tous les avis sera présenté en juillet, tandis que SNCF Réseau s’engage à des décisions en décembre.

Ouverture du débat le 11 avril à H7, 70 quai Perrache, à 19h.

A Givors le 16 avril, Anse le 18 avril, L’Arbresle le 23 avril, Pusignan le 25 avril, Vienne le 14 mai, Lyon le 16 mai, L’Isle d’Abeau le 23 mai, Vénissieux le 11 juin…

Renseignements sur le site www.noeud-ferroviaire-lyonnais.debatpublic.fr

* Sont en particulier visés un train par quart d’heure le matin et le soir pour les destinations proches (Bourgoin, Vienne, Villefranche et Montluel), et une meilleure desserte des villes régionales (Valence, Chambéry, Grenoble, Clermond-Ferrand). Saint-Etienne, qui dispose d’une desserte au quart d’heure aux heures de pointe (en alternance depuis Perrache et la Part-Dieu) bénéficierait d’un TGV supplémentaire toutes les deux heures.

Commentaires

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Commentaires sur Nœud ferroviaire lyonnais : un débat à 4 milliards d’euros

  • Lyonnais dit :

    Keolis et non pas Keolys

  • Bernard dit :

    Nœud Ferroviaire Lyonnais,

    Bien réaliser qu’ il y aura encore et toujours des trains en surface, aussi nombreux et bruyants qu’aujourd’hui, même dans la variante en tunnel.

    1,5 milliard euros d’écart entre la version surface et celle en tunnel paraît « pas tant que ça » à certains, mais c’est à peu près le coût de l’ensemble de tous les tramways TCL sur Lyon et banlieues. Pas rien.

  • MARCELLE ANTOINE dit :

    Il est certain que les trains de fret ne doivent plus passer par la gare de la Part-Dieu notamment la nuit!

  • PAUL Gabriel dit :

    Bonjour
    Nœud ferroviaire Lyonnais
    Une des solutions passe par le rééquilibrage entre les gares de Part-Dieu et Saint Exupéry, et l’intégration de la gare de Saint Exupéry dans le réseau TCL, Tram et Bus.

    Ceci veut dire résiliation du contrat Rhônexpress et remplacement de Rhônexpress par le Tram T3.
    _
    En 1ére pour tous les TGV en provenance de Paris et du Nord de la France qui desservent le Sud de la France et les Alpes, dont la destination finale n’est ni Lyon ni St Etienne, l’arrêt Part-Dieu est remplacé par un arrêt St EX (le temps de parcoure de ces TGV diminuera de 10 à 15 minutes)

    En second le temps de parcoure en Tram T3 entre Part- Dieu et Saint Exupéry (moins de 45minutes), les correspondances entre ces deux gares deviennent possible (TGV à St Ex, ->tram T3-> TER à Part-Dieu et sens inverse)

    En suite réalisation du projet CFAL partie Nord et prolongement vers le Sud (direction Valence) le long de la voie TGV existante.
    Puis desserte de la gare St EX par les TER et création d’arrêt et quais supplémentaires à la gare St Exupéry.
    Les Camions en transit circuleront sur les trains idem à ce qui existe en SUISSE.
    Ils seront interdit et supprimés sur les routes et autoroutes qui contournent la METROPOLE (Bd Périphérique, Rocade Est A46, A432 et futur Anneaux des Sciences)

  • Paul Gab dit :

    Mr Collomb veut le pouvoir et rien que le pouvoir, St Ex n’est pas dans le périmètre de la Métropole.
    Il faut intégrer la Communauté de Commune de l’Est Lyonnais à la Métropole afin d’avoir comme beaucoup de Métropole en Europe l’aéroport et la gare St Ex dans le périmètre du président de la Métropole.