Malgré la crise, les Gratte-Ciel en plein chantier

Publié le 19/10/2026

La première pierre du 3e macrolot des Gratte-Ciel nord, à Villeurbanne, avait lieu vendredi dernier. Un projet qui a pu sortir de terre au forceps. 

A Villeurbanne, le centre-ville est devenu un chantier. Les grues s’agitent autour des Gratte-Ciel nord, qui totaliseront à terme 913 logements et une quarantaine de commerces. Le tramway T6 est déjà là. Si un macrolot (développé par Quartus) est déjà bien visible, côté rue Francis de Pressensé, deux autres sont en cours de travaux à un stade moins avancé : celui piloté par Rhône Saône Habitat (également côté rue Francis de Pressensé) et un autre par Cogedim, côté cours Emile-Zola. Ce vendredi avait lieu la pose de la première pierre de cet ilot. Il totalisera sept bâtiments, 207 logements, 4000 mètres carré de bureau et près de 3800 m2 de commerce. Son nom : Egérie. Sa livraison est prévue au premier trimestre 2028.

Son lancement s’est fait au forceps, dans un contexte de conjoncture dégradée. Cogedim a notamment obtenu de la collectivité une réduction de la taille des logements, permettant des prix de sortie moindre. Maire de la ville, Cédric Van Styvendael a partagé la pression qu’il a ressentie au moment de signer le permis de construire, ce programme faisant face aux deux tours gardiennes de l’avenue Henri-Barbusse. La requalification de l’hôtel Ariana, qui jouxte l’opération, a été récemment annoncée. 

Parmi les 207 habitations d’Egerie, 102 sont en accession libre (entre 5600 et 6000 euros le mètre carré, stationnement compris), 17 en accession abordable (bail réel solidaire) et 88 en logements sociaux (CDC Habitat). Aux derniers étages, on trouve des duplex. Si Cogedim a annoncé récemment vouloir généraliser les pompes à chaleur réversibles collectives offrant une climatisation aux pièces de vie, Egérie n’en bénéficiera pas, conçue antérieurement. En revanche, les appartements seront dotés de brise-soleil et de brasseurs d’air. 90% d’entre eux disposeront d’une double ou triple orientation. Les bureaux et commerces jouiront d’une géothermie, offrant aussi un rafraîchissement.

A droite de l’image, le cours Emile-Zola (sens vertical) ; en haut l’avenue Simone de Beauvoir (sens horizontal)

Cet îlot est conçu par les architectes Verra&associés, Cosa et Taite Paillet Architectes. Comme les autres, les bâtiments de ce macrolot seront agencés en forme de gradins, rythmés par des alternances de pleins et de vides, clin d’oeil aux Gratte-Ciel historiques. Des prototypes permettent de distinguer trois teintes pour les loggias et les modénatures disposées au-dessus des fenêtres. Une oeuvre d’art sculptée devrait orner une façade, à l’angle entre la rue Emile-Zola et l’avenue Simone de Beauvoir (qui prolonge l’avenue Henri-Barbusse), rappelant l’histoire du quartier. 

Au cours de cette cérémonie, la crise de l’immobilier a été commentée. Cédric Van Styvendael estime que 5000 nouveaux logements seront toutefois programmés dans le mandat, répartis notamment entre les Gratte-Ciel, Saint-Jean et Grandclément. Vice-présidente métropolitaine en charge de l’urbanisme, Nicole Sibeud a réaffirmé vouloir lever tous les freins à la construction – « pour que qui est entre nos mains », a-t-elle précisé. La modification du PLU-H sera votée dans quelques mois. L’élue pointe des coûts de foncier trop hauts, responsables de prix de vente « beaucoup trop élevés ». 

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