Forêts d’Asie à la Tête d’Or : changement de cap pour le zoo

Publié le 06/07/2021

Le nouvel aménagement dédié à la faune du sud-est asiatique est le prélude à une évolution voulue par la municipalité en faveur du mieux-être animal et de la biodiversité. 

Pas de fermeture du zoo en vue. Alors que la polémique avait enflé pendant la campagne électorale, Grégory Doucet s’est voulu rassurant ce lundi, à l’occasion de l’inauguration des forêts d’Asie à la Tête d’Or, en montrant son attachement au parc animalier. Parc animalier qu’il entend bien faire évoluer dans le sens d’un mieux-être et d’un refuge animal.

Ce nouvel aménagement (4,8 millions d’euros), lancé sous la précédente mandature, fait suite à la plaine africaine (2006). Ces forêts d’Asie accueilleront 80 animaux et 20 espèces d’Asie du Sud-est particulièrement menacées dans leur environnement naturel. Onze d’entre elles habitaient déjà la Tête d’Or, les autres proviennent de zoos étrangers. « Nous sommes tous témoins et victimes de cette biodiversité menacée », a exprimé Grégory Doucet qui espère « un éveil des consciences ».

Cette animation prend place sur l’ancien site des éléphants, Baby et Népal étant partis couler leurs vieux jours à Monaco. Le bâtiment a été réaménagé, davantage vitré. Autour se dressent l’enclos des élaphodes (cervidés) et des gibbons (singes), jusqu’à 10 mètres de haut, et la volière (12 mètres) où résident les oiseaux, les tapirs et les binturongs. A l’intérieur, une douche que les plus malins pourront actionner d’eux-mêmes.

@Pierre-Antoine Pluquet

Tout autour, un écrin végétal particulièrement dense, provenant de Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge… « Le paysage va se fermer, avec un système de fenêtres pour les  visiteurs », explique Bertrand Vignal, architecte paysagiste chez Base. Voici qui permet aux animaux de soustraire, s’ils le souhaitent, au regard curieux. Une confusion est entretenue entre le dedans et le dehors, avec parfois les mêmes installations, comme les cordes suspendues. « Les gibbons aiment beaucoup le contact avec les hommes », nous dit-on. Et si c’était nous, les sujets d’observation ?

« L’exécutif souhaite faire évoluer le zoo du parc de la Tête d’Or vers un véritable lieu de conservation du vivant », indique la Ville. Parmi les actions menées en faveur du mieux-être animal, le petit train, « source de stress », qui ne passera plus au zoo, une végétalisation plus importante du parc animalier ou encore l’agrandissement de l’enclos des panthères de l’Amour. Des actions aux résultats évalués par l’école vétérinaire VetAgro sup. Les crocodiles, eux, seront carrément libérés au Maroc, réintroduits dans un oued. « Lorsque le lion mourra, il ne sera pas remplacé », prévient Nicolas Husson, adjoint en charge de la biodiversité. A plus long terme, la Ville envisage une pairie (sauvage) européenne dédiée aux espèces autochtones menacées.

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