Arena de l’OL : fin de concertation en queue de poisson

Publié le 14/10/2020

Mardi soir, la première phase préalable à la révision du plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) s’est terminée avec un goût d’inachevé pour les participants. Ils estiment en effet que jamais la question de savoir s’ils étaient pour ou contre cette nouvelle infrastructure a été posée.

Certes, tout le monde le reconnait, on était très loin de la mobilisation qui avait entouré le projet de Grand stade. La crise sanitaire actuelle ne facilitant pas les choses. Au total, cette concertation préalable au projet d’Arena porté par l’OL n’a drainé que quelque 160 participants auxquels on peut ajouter deux cents micro-trottoirs réalisés.

Il faut dire que le projet n’est pas de même ampleur. Loin d’une arène de 60 000 places, cette salle projetée sur une friche industrielle à proximité du Grand stade accueillerait un maximum de 15 000 à 16 000 personnes pour 80 à 120 dates annuelles, essentiellement des concerts.

Pas d’opposition parce que pas de questions

Dessertes et nuisances sont les principaux points soulevés lors de la concertation préalable. Ce qui a fait dire à Béatrice Vessiller, la vice-présidente du Grand Lyon en charge de l’urbanisme, qu’il n’y avait « pas de débat sur l’opportunité de cette salle et ses incidences » même si cela devait entraîner une réflexion métropolitaine sur l’usage de chacune de ces infrastructures, à commencer par la Halle Tony-Garnier directement en concurrence avec la future Arena. Le maire (LR) de Meyzieu Christophe Quiniou partage le constat : « Il n’y a pas eu de retour fort contre le projet« .

Pas de débat ? C’est bien là que se situe le hiatus. A l’issue de la réunion conclusive, plusieurs participants ont expliqué que, dans la volonté constructive des ateliers et autres réunions, la question préalable du pour ou contre cette nouvelle infrastructure ne leur a jamais été posée. D’où le fait qu’il n’y ait pas d’oppositions qui ressorte de la concertation… Certains ont assuré que, tout en étant contre, ils avaient répondu « au cas où cette salle se ferait« . D’autres reconnaissant par ailleurs la qualité de la concertation malgré leur scepticisme de départ.

Etude d’impact et corridor écologique

Les réponses apportées par l’OL et le Grand Lyon ont aussi montré, en creux, ce qui avait manqué concernant le Grand stade. Pour le groupe sportif, Xavier Pierrot a ainsi annoncé la création d’un référent concertation et proximité qui manquait largement depuis cinq ans. Il devrait notamment traiter des problèmes de résidentialisation et de fermeture des rues les jours de matchs. Sur le point de la non-concomitance, engagement d’un écart de cinq heures entre deux évènements le même jour a également été pris. Manifestement peu connus, les tarifs préférentiels aux résidents pour les matchs de l’OL seront popularisés. Pour les futurs concerts, ce sera par contre juste des réservations prioritaires. La salle annexe de l’Arena (2 000 m2) sera également mise à disposition des associations locales.

Les engagements environnementaux n’ont pas manqué non plus. Une étude d’impact prenant en compte la pollution, donc le trafic généré ; un bâtiment exemplaire en termes d’émissions carbone ; la protection d’espèces fragiles ; la création d’un corridor écologique allant du Biézin avec le V-Vert jusqu’au Grand Large qui comprendra une traversée modes doux du site de l’OL ; la poursuite de la végétalisation avec un jardin pédagogique et des ruches qui profitent déjà aux écoles du secteur ; une limitation des ilots de chaleur (le site comprend actuellement des bâtiments qui vont être détruits) et l’emploi de la géothermie. N’en jetez plus !

La lointaine hypothèse du métro

Pour la Métropole, Béatrice Vessiller s’est engagée sur une étude urbaine globale du secteur « plus précise que le Scot et plus macro que le PLUH« . On peut s’étonner que celle-ci n’ait pas accompagné l’arrivée du Grand stade. La couture entre Décines et Meyzieu, séparés par la rocade Est, faisant partie des questions récurrentes. Certains militant notamment pour des passerelles piétonnes.  La vice-présidente a enfin rappelé que la future Arena occuperait à peine un tiers de la friche ABB et que la question de l’occupation des huit hectares restant demeurait.

Enfin, concernant les transports, le premier adjoint à la maire de Décines, Jean-Emmanuel Alloin, n’a pas manqué de rappeler que la municipalité entendait se battre pour l’arrivée du métro. Béatrice Vessiller a tempéré ses ardeurs en rappelant que le prolongement de la ligne A jusqu’ici faisait partie des hypothèses, tout comme son prolongement vers Eurexpo et Porte des Alpes, le prolongement de la ligne B sur le Plateau Nord, le prolongement de la ligne D à la Duchère et la création de la ligne E. Une étude d’opportunité et un débat public à l’échelle métropolitaine seront lancés pour déterminer quelle hypothèse représentera le meilleur rapport coût / passagers transportés. Le choix n’intervenant pas avant deux ans. « Le métro est une solution à 15 ans, il faut en trouver de court terme sans attendre cette hypothèse lointaine« , a insisté la vice-présidente.

Suite du calendrier ? L’enquête publique au deuxième trimestre 2021 pour une délivrance du permis de construire au troisième trimestre et une livraison potentielle de l’Arena fin 2023.

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