Métropole : Bruno Bernard dans un fauteuil

Publié le 02/07/2020

Seul candidat en lice, le leader écologiste a été élu ce jeudi matin président du Grand Lyon dès le premier tour en faisant le plein des voix dans son camp.

Qui l’aurait prédit ? Il était question d’une élection métropolitaine – en fait l’addition de quatorze scrutins différents – incertaine. Beaucoup pointaient – à raison – le risque d’une collectivité ingouvernable car sans majorité claire. Ca a été tout le contraire. Ce jeudi matin, Bruno Bernard (EELV) était le seul candidat à briguer la présidence de la Métropole. Il a obtenu les 84 voix que les électeurs avaient donné à ses listes dimanche dernier. Sans couac ni fausse note dans le secret de l’isoloir. David Kimelfeld, le président sortant, récoltant deux suffrages qu’il n’avait pas brigués. Il y avait également 62 bulletins blancs et deux nuls dans l’urne.

Ce nouveau conseil marque un important renouvellement  : 96 des 150 élus sont nouveaux. Avec 71 femmes pour 79 hommes, il s’approche de la parité. La moyenne d’âge est de 52 ans et 6 mois.

Si le nouveau président a ironisé sur l’absence d’arrivée de chars fleuris à Lyon depuis dimanche, attendant par contre « une armée de vélos sur notre Rev (réseau express vélo) », l’ambiance était loin de la caricature et des excès qui ont présidé dans la dernière ligne droite de la campagne. Défi climatique, expérimentation du RSA jeune « si je gouvernement ne le fait pas« , RER à la lyonnaise avec tarification unique (« je vais rapidement prendre contact avec le président de la Région»), transports en commun : Bruno Bernard a rappelé ses priorités avant de rendre un hommage appuyé à David Kimelfeld et Gérard Collomb « qui a marqué la ville et l’agglomération ».

Pelaez et Cochet grinçants

Au nom du groupe Synergies (11 élus), Marc Grivel est revenu sur son credo : la défense des communes « qui font une Métropole forte ». Avant de rappeler que seuls 24 maires sur 59 siègent désormais au conseil métropolitain. S’il a également rendu hommage au travail de David Kimelfeld, notamment durant la crise, l’ancien maire de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or a ostensiblement « oublié » Gérard Collomb.

Le président sortant (12 élus) y est lui aussi allé de son hommage au futur ex maire de Lyon ainsi qu’aux agents de la Métropole. Avant d’émettre un souhait : que la nouvelle majorité n’oublie pas de « protéger les plus précaires et les plus fragiles ».

Le ton a été plus sévère chez le collombiste Louis Pelaez (10 élus) qui attend de voir les écologistes passer de la théorie à la pratique, rappelant au passage que seuls 13  % des inscrits ont voté pour eux. Toutes les oppositions ont néanmoins félicité le président pour son élection, personne ne contestant sa légitimité malgré l’abstention.

La droite (33 élus) s’est exprimée à deux voix. Côté soft, François-Noël Buffet a souhaité que la continuité des mandats Noir, Barre, Collomb perdure. Plus grinçant, Philippe Cochet a souligné à quel point le mode de scrutin et le savant découpage des circonscriptions s’était retourné contre son auteur, Gérard Collomb, et ceux qui l’avaient suivi. David Kimelfeld, les « petits maires » Synergies ou François-Noël Buffet qui a noué une alliance d’entre deux tours avec le maire de Lyon pouvaient se reconnaitre dans cette critique.

Commission permanente à la proportionnelle

Contrairement au précédent mandat, l’opposition intègre la commission permanente élue à la proportionnelle. La majorité – qui devrait néanmoins constituer plusieurs groupes (EELV, PCF, FI, socialistes…) en son sein – a présenté une liste unique, obtenant 37 élus, devant Les Républicains (15), les kimistes (5), Synergies et les collombistes (4 sièges chacun).

Les 23 vice-président(e)s ont ensuite été élus sans coup férir (voir ci-dessous). Si leurs délégations ne seront connues que la semaine prochaine, quelques unes émergent déjà  : Emeline Baume à l’économie, Béatrice Vessiller à l’urbanisme, Renaud Payre au logement et au renouvellement urbain, Jean-Charles Kohlhaas aux transports (Bruno Bernard devrait en personne présider le Sytral), Cédric Van Styvandael à la culture, Hélène Geoffroy à l’égalité entre les territoires ou Fabien Bagnon aux mobilités actives.

Il a fallu attendre le dernier dossier, le vote des délégations accordées au président, pour que la politique reprenne le dessus. Bruno Bernard explique vouloir agir vite pour relancer la machine et signer des marchés votés. Philippe Cochet et Louis Pelaez critiquent la trop grande latitude qui lui est ainsi laissée. Et déjà les nuances apparaissent dans l’opposition puisque le groupe de David Kimelfeld va voter cette délibération.

Photographie par Pierre-Antoine Pluquet Hans Lucas.

Le nouvel exécutif

Émeline BAUME, 1ère vice-présidente

Béatrice VESSILLER, 2e vice-présidente

Renaud PAYRE, 3e vice-président

Michèle PICARD, 4e vice-présidente

Jean-Charles KOHLHAAS, 5e vice-président

Hélène GEOFFROY, 6e vice-présidente

Cédric VAN STYVANDAEL, 7e vice-président

Lucie VACHER, 8e vice-présidente

Bertrand ARTIGNY, 9e vice-président

Zémorda KHELIFI, 10e vice-présidente

Pierre ATHANAZE, 11e vice-président

Véronique MOREIRA, 12e vice-présidente

Fabien BAGNON, 13e vice-président

Anne GROSPERRIN, 14e vice-présidente

Jérémy CAMUS, 15e vice-président

Séverine HÉMAIN, 16e vice-présidente

Jean-Michel LONGUEVAL, 17e vice-président

Laurence BOFFET, 18e vice-présidente

Jean-François BLANCHARD, 19e vice-président

Isabelle PETIOT, 20e vice-présidente

Philippe GUELPA-BONARO, 21e vice-président

Hélène DROMAIN, 22e vice-présidente

Yves BEN ITAH, 23e vice-président

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