Qualité de l’air : des mieux et des moins

Publié le 10/06/2020

Si le nombre de personnes exposées aux particules fines baisse dans l’agglomération, c’est l’inverse pour l’ozone.

Pour la troisième année consécutive, la région respecte la réglementation en matière de concentration de particules fines (PM 10 et PM 2,5), celles qui nous valent un contentieux avec l’Union européenne. La situation reste néanmoins fragile puisque 1,38 million d’habitants – pour l’essentiel dans le Rhône – sont encore soumis à un dépassement des valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus faibles que la réglementation européenne. Dans la Métropole, 65 % de la population y est exposée. Le résidentiel – avec son chauffage bois – est responsable de plus de la moitié de ces particules.

Les polluants dans le Rhône par émetteurs.

Si les émissions de dioxyde d’azote baissent, le nombre de personnes exposées demeurent autour de 15 000 dans l’agglomération. Un chiffre qui représente les trois quarts de la population exposée en Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’agit avant tout des populations résidant à proximité des grandes voiries. « Contrairement au Rhône dont la zone de faibles émissions n’est entrée en vigueur qu’au 1er janvier dernier, on a constaté une baisse du nombre de personnes exposées en Isère où la ZFE a été mise en place avant« , souligne Marie-Blanche Personnaz, la directrice générale d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, qui attend donc beaucoup de cette zone de restriction, estimant que le renouvellement naturel du parc routier n’est pas suffisant pour lutter efficacement.

L’évolution des polluants dans le Rhône depuis 2000.

Ce qui inquiète l’observatoire de la qualité de l’air, c’est la montée en flèche de la population exposée à l’ozone. Dans la Métropole, on passe de 48 000 à 378 400 personnes. Le département étant malgré tout, en proportion, moins touché que les autres de la région. Il s’agit d’un polluant secondaire dont les concentrations se forment en périphérie des agglomérations et dans le relief, exclusivement l’été sous l’effet des rayonnements du soleil et des températures élevées. Et comme les canicules ont tendance à se multiplier… Composés organiques volatils, méthane, oxyde d’azote en sont à l’origine donc l’industrie mais également le secteur résidentiel.

Pour ceux qui doutaient encore des origines des polluants, le confinement a apporté quelques éléments de preuves supplémentaires. Les émissions d’oxydes d’azote ont diminué de 60 % durant cette période, au même titre que les transports. Par contre, les émissions de PM10 ont augmenté de 11 %, renforçant le lien qui est établi avec le résidentiel et notamment le chauffage bois. Le pic étant atteint lorsque la température a baissé alors que tout le monde restait chez soi.

 

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