Immobilier : « Une baisse de prix de 10 à 15% sur la métropole »

Publié le 30/03/2020

Me Frédéric Aumont est le président de la Chambre des notaires du Rhône.

Comment travaillent les notaires pendant le confinement ?

Pour l’essentiel d’entre nous, nous sommes en télétravail. Les études sont fermées au public, pour autant elles fonctionnent à distance. Nous avons fait en sorte que tous les notaires restent joignables par mail ou téléphone pour le suivi des dossiers et répondre aux clients. Aujourd’hui la situation est stabilisée.

Certaines études restent ouvertes aux collaborateurs ?

Dans une partie des études, les collaborateurs viennent travailler. Soit parce qu’ils le souhaitent, soit parce que leurs missions peuvent difficilement être réalisées en télétravail. Les études ont alors mis en place un roulement, en respectant les normes de distanciation sociale.

Quels sont les actes qui peuvent continuer à être faits ?

On peut continuer quasiment tous les actes, mais certains plus difficilement. Les actes non solennels peuvent être réalisés par procuration sous seing privé, comme une vente immobilière. On ne peut cependant pas signer une procuration à son notaire. On a résolu cette difficulté : pour les études qui n’ont pas de collaborateur, une procuration peut être donnée à un autre notaire que le sien. Tous les confrères ont accepté.

Et pour les actes solennels ?

C’est compliqué parce qu’ils nécessitent que le client vienne signer en l’étude ou que la procuration soit signée devant le notaire. C’est le cas pour les contrats de mariage ou les donations. La solution, c’est que le notaire, s’il l’accepte, se déplace lui-même chez son client. Nous sommes autorisés à le faire. On devrait obtenir, avant la fin de la semaine, la comparution à distance. On pourra alors faire une signature par visioconférence avec l’envoi d’un code au client et le notaire signera l’acte. La technologie est prête. On attend le décret cette semaine.

Avez-vous estimé votre baisse d’activité ?

Elle est colossale. Dans l’activité immobilière, de 80 à 90%. Le notaire n’est qu’un maillon d’une chaine. Or les visites ne se font plus, les agences sont fermées, les administrations ne répondent plus, il n’y a plus de déménagement possible… Ce qui est signé aujourd’hui était dans les tuyaux avant le confinement.

Quels vont être les effets de la crise sanitaires sur les prix ?

Le côté rassurant, c’est que l’Etat se mobilise pour que les liquidités soient présentes. L’immobilier ne peut que suivre le cycle de l’activité économique qui est en récession. Plus la machine repartira rapidement et moins les prix vont baisser. Cela peut faire une baisse temporaire de six mois à un an – le temps que l’activité reprenne son rythme de croisière – de 10 à 15% sur la métropole de Lyon. Ce qui annulerait la hausse de l’an dernier. Tout dépend aussi de la vigueur du redémarrage de l’économie. On était sur un marché haut, soutenu par une activité économique dense.

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