Grand Lyon : les transports alimentent les querelles politiciennes

Publié le 20/01/2020

Outre le vote du budget, la séance du conseil métropolitain de ce lundi a été le théâtre de quelques échanges fleurant bon la campagne électorale.

La question de la résiliation du contrat de concession de Rhônexpress était sur beaucoup de lèvres lundi au Grand Lyon. Chacun faisant ses comptes, dans les couloirs, concernant les élus du comité syndical du Sytral susceptibles de voter en sa faveur. Sont-ils majoritaires ? Probablement. Reste à savoir si cette question sera mise à l’ordre du jour avant ou après les élections.

Deux élus ont effleuré le sujet en conseil métropolitain pour dire que ce débat aurait toute sa place dans cette instance : l’écologiste Pierre Hémon et la centriste Fouziya Bouzerda. Reste que c’est une toute autre question qui a opposé publiquement les deux administrateurs du syndicat des transports en commun.

Problème de « transparence et de gouvernance »

L’élu EELV s’est livré à une attaque en règle de la présidente sur le thème « de la transparence de la gouvernance du Sytral« . N’ayant pas obtenu le budget prévisionnel des vœux de l’institution, le 24 janvier, il a rappelé le coût « fort dispendieux » de ceux de l’an passé  : « plus de 63 000 euros hors taxes » contre 25 000 euros en 2016 sous la présidence d’Annie Guillemot. Avant de s’en prendre à « la jolie boite noire qui contient un livre cartonné de 160 pages agrémentées pour certaines de jolis dessins d’Audrey Apruzzese, artiste lyonnaise » dont il estime le coût à 40 euros pièce avec un tirage de huit cents exemplaires.

Outre le fait de demander à disposer des factures et devis en estimant qu’il s’agit « de cadeaux inutiles« , Pierre Hémon assimile l’objet à « des outils de propagande électorale » car la page de garde comporte les nom et prénom de la présidente du Sytral. Pour lui, « leur place devrait être dans les comptes de campagne de la candidate ».

Bouquet final  : « l’embauche en urgence d’une personne pour un CDD de trois mois « en renfort réseaux sociaux » dont vous vous doutez combien le besoin est urgent en la période… Urgent et étonnant puisqu’il est rattaché directement au cabinet de la présidente. Le fait que cette personne ait travaillé à la Région jusque fin décembre pour le groupe LREM n’est bien sûr que pure coïncidence ! Le fait que cette personne soit un membre du bureau du Rhône des Jeunes avec Macron n’est bien sûr que le fruit du hasard ».

Une subvention de quatre millions au Sytral

Visiblement un peu décontenancée par la charge, Fouziya Bouzerda a expliqué que faire les vœux du Sytral dans le nouveau dépôt de bus de Perrache était au contraire une source d’économies puisqu’il s’agissait de les coupler avec l’inauguration plutôt que d’organiser deux cérémonies, même si la mise en conformité pour l’accueil du public avait un coût. Les fameux cahiers ne sont en rien un outil de propagande électorale puisqu’ils sont avant tout destinés aux membres des délégations étrangères visitant le réseau lyonnais, selon elle. Quant au CDD, cela correspond, d’après la présidente, à des besoins accrus du Sytral au moment où nombre de chantiers arrivent à leur terme.

Ah oui, l’objet de la délibération portait sur une subvention de quatre millions d’euros accordée au Sytral par la Métropole pour les travaux entourant le pôle d’échanges multimodal de la Part-Dieu afin de compenser la baisse annuelle de 3 % de la participation de la collectivité au budget du syndicat mixte…

Soutien, comme Fouziya Bouzerda, de Gérard Collomb, Renaud George a repris la balle au bond dans une veine très politicienne concernant les subventions de 100 euros à l’achat de vélos à assistance électrique. Pour le maire de Saint-Germain-au-Mont-d’Or, « c’est le type même de dispositif qui ne montrera toute son efficacité que si la Métropole et les communes travaillent ensemble et non pas séparément ». Ce qui n’est pas le cas à ses yeux avec l’actuel président de la Métropole David Kimelfeld même s’il ne l’a pas nommé. Et d’en profiter pour s’en prendre à l’élu en charge du sujet… Pierre Hémon. Ce dernier n’a pas manqué de rappeler que des communes comme Sainte-Foy-lès-Lyon n’avaient pas attendu cela pour mettre en place leur propre prime.

Du bus au métro

Le projet de bus à haut niveau de service (BHNS) entre Lyon et Trévoux a également alimenté les débats. Tandis que le maire de Couzon-au-Mont-d’Or se félicitait de ce choix partenarial et en codécision avec les élus du Val de Saône, l’adjoint communiste vénissian rappelait la nécessité d’un tram-train et le maire de Rillieux Alexandre Vincendet (LR) en profitait pour réclamer… un métro pour le plateau nord. Critiquant « l’inaction de la Métropole dès qu’il s’agit d’un dossier de transport sur son propre territoire », il s’est interrogé  : « inaugurer seulement deux stations de métro en douze ans, c’est cela promouvoir les modes de transports doux et apaisés ? ». Et de prendre les exemples de Stuttgart en Allemagne avec ses quinze lignes de métro et ses sept lignes de train express métropolitains ou de Valence en Espagne qui compte neuf lignes de métros et 138 stations…

Parmi les bisbilles électorales, dans les couloirs cette fois, l’UDI s’étonnait de voir les écologistes reprendre dans leurs propositions non seulement leur plan de « RER à la lyonnaise » – normal, les gares TER ne vont pas bouger – mais jusqu’au nom popularisé par Christophe Geourjon : le réseau express métropolitain (REM).

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