Le Grand Lyon veut rompre le contrat de Rhônexpress

Publié le 06/12/2019

David Kimelfeld, président du Grand Lyon, met un terme aux négociations avec Rhonexpress en vue notamment de baisser les tarifs de la desserte de l’aéroport. Il souhaite rompre le contrat actuel qui court jusqu’en 2038. Le Sytral devra se prononcer en janvier.

Coup de pression pour conclure les négociations ? Ou véritable volonté de reprendre le service en main ? Le président de la Métropole, David Kimelfeld, a annoncé ce vendredi vouloir rompre le contrat liant la collectivité à Rhônexpress. Un comité syndical du Sytral doit se tenir en janvier pour en décider. Si le feu vert était donné, un préavis de 8 mois s’écoulerait avant la reprise de l’exploitation, soit par une nouvelle délégation de service public, soit directement par le syndicat de transport. De nouveaux tarifs s’appliqueraient alors.

« Une concession structurellement déséquilibrée »

Depuis le printemps dernier, des négociations avaient lieu entre le Grand Lyon et le Sytral d’une part, la filiale de Vinci d’autre part. Enjeu : faire baisser les tarifs et permettre une montée en charge du T3 qui partage les mêmes voies avec les tramways rouges. Ces discussions ont donc avorté. Selon nos confrères d’Acteurs de l’économie La Tribune, Rhônexpress proposait de diminuer le prix de l’aller simple de 16,30 euros à 13,90 euros (-14 ,7 %), avec une offre spécifique aux abonnés des TCL à 12,20 euros. L’aller retour aurait coûté 24 euros (21 euros pour les abonnés TCL) contre 28,30 euros aujourd’hui  (- 15,2 %). Le Grand Lyon visait une baisse de 20 à 25%. Vice-président du Grand Lyon, Gérard Claisse estime que l’opérateur a sous-évalué la fréquentation du service, lequel « a progressé de 8% par an entre 2013 et 2018 », pour minimiser sa marge prévisionnelle. Et lorsqu’un effort financier a été consenti, il l’a été au détriment du sous-traitant CFTA. L’élu y voit la volonté de « préserver à tous prix la rentabilité des actionnaires de Rhônexpress ».

Le délégataire est sous pression. Le 13 juin, le tribunal administratif avait précisé que la clause d’exclusivité dont il jouit pour la desserte de Saint-Exupéry ne valait que « pour le transport de voyageurs par voie ferroviaire ». Et dans un rapport rendu public le 25 septembre dernier, la chambre régionale des comptes avait conclu en « l’impossibilité du maintien des conditions actuelles », jugeant « la concession était dès son origine structurellement déséquilibrée, avec une durée excessive (30 ans, ndlr) par rapport à l’engagement financier et à la prise de risque, très faible, du concessionnaire ». Les magistrats rappelaient que l’opérateur n’avait financé que 14,9% des coûts d’investissement, le reste ayant été pris en charge par la collectivité. Ils avaient aussi observé que « l’exploitation était nettement positive », estimant que « l’impératif d’intérêt général pourrait permettre de mettre un terme à la concession ».

« La résiliation, c’est un investissement »

Ce vendredi, David Kimelfeld a défendu cette option. « La résiliation, c’est un investissement », a-t-il argué. « Pour un euro de résiliation, c’est deux euros de recette a minima » a développé Gérard Claisse,  comparant le coût de la rupture du contrat à celle des bénéfices à engranger d’ici à 2038. La chambre régionale des comptes avait évalué à 38 millions d’euros le coût de la rupture dudit contrat.

Les prochaines semaines seront déterminantes. Rhônexpress va-t-il faire de nouvelles propositions ? Le Sytral va-t-il avaliser la voie défendue par David Kimelfeld ? Gérard Claisse assure qu’il n’y a pas « l’épaisseur d’une feuille de papier de cigarette » entre les deux entités.  En attendant, le service de T3 devrait pouvoir augmenter de 27% à la faveur de réaménagements de stations. Et des bus Macron devraient prochainement desservir l’aéroport, en plus de la ligne 47 des TCL, active depuis septembre.

 

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