Le PLU-H adopté

Publié le 13/05/2019

Lancée en 2012, la révision du plan local de l’urbanisme – devenu plan local de l’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) – a été votée par le conseil de la Métropole ce lundi.

Sept ans de d’échanges, de débats, de frottements voire de frictions, de concertation, d’allers-retours entre les 59 communes et le Grand Lyon… et enfin l’adoption du plan local de l’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) ce lundi par le conseil de Métropole. Ce document de quelque 130 kilos, qui ne brille pas par sa simplicité, sera opposable le 18 juin.

Les chiffres donnent le tournis  : 1 000 réunions avec les communes, 36 conférences territoriales des maires, 5 délibérations, 11 425 observations traitées (1 887 des communes et 9 538 du public… Mais ce dont il s’agit au fond c’est le cadre de vie quotidien de chacun pour son logement, son activité ou ses loisirs. Que signaler  ? Les 750 hectares supplémentaires d’espaces naturels préservés avec parallèlement les 170 hectares urbains mutables sur lesquels la ville va se renouveler sur elle-même. Objectif : construire 8 500 logements par an dont 4 000 en locatif social. Sans oublier la capacité de développement économique ( 6 840 hectares de réserves dont 1 765 dédiés à l’artisanat et à l’industrie) et la préservation patrimoniale. Le nombre de périmètres d’intérêt patrimonial est passé de 36 à 345 et celui des éléments bâtis patrimoniaux de 455 à 1 700.

Gentrification du cœur d’agglomération

Lors du débat en conseil métropolitain, le vice-président à l’urbanisme Michel Le Faou a estimé que, avec le vote du PLU-H, dorénavant « nous ne devrions plus voir de sursis à statuer sur les permis de construire« . Même si la période électorale risque de freiner les ardeurs des maires sortants candidats à leur réélection. Dénonçant la gentrification du cœur de l’agglomération, la maire du 1er arrondissement Nathalie Perrin-Gilbert (Gram) s’est abstenue. A l’instar d’autres élus, Laurence Croizier (UDI), tout en votant favorablement, a souligné le côté « daté » du plan, du fait de son temps de gestation.

A l’inverse, la maire de Vénissieux Michèle Picard (PCF), n’a pas tari d’éloges sur la méthode et le résultat. Un fait assez notable. Allant même plus loin, elle a incité la Métropole à envisager un boulevard Laurent-Bonnevay « apaisé » avec une voie dédiée aux modes doux.

Beaucoup plus critique, l’adjoint villeurbannais à l’urbanisme Richard Llung a pointé le rythme de développement de la Métropole:  « Une projection de l’Insee indique que les fameux 150 000 habitants de plus à l’horizon 2030 inscrits au Scot devraient être atteints en 2020, avec près de 10 ans d’avance« . Soulignant lui aussi la gentrification constatée. Et ce, avant de noter que le compte n’y est pas en matière de transports pour accompagner ce développement, fustigeant les projets de métro E et d’Anneau des Sciences, inadaptés au contexte pour des raisons différentes. Autant de critiques qui ne l’empêcheront pas de voter le PLU-H.

Réflexion sur le financement des équipements publics

Pour les Républicains, François-Noël Buffet a lui aussi pointé les conséquences préjudiciables du temps d’élaboration pour le logement. Et de souligner que les communes de Grigny, Pierre-Bénite, Tassin ou Meyzieu auraient dû être mieux entendues. Selon lui, il n’y a pas de cohérence entre la construction de logements et l’accueil d’entreprise, bien plus important avec toutes les conséquences que cela a sur l’éloignement entre le domicile et le travail. A ses yeux, habitat et développement des transports en commun ne font qu’un, il a donc plaidé pour un document unique. Il a également plaidé pour un organisme satellite, doté de moyens conséquents, chargé du foncier ainsi qu’un outil de prospective métropolitain en matière scolaire. Les Républicains se sont abstenus.

Michel Le Faou a opposé une fin de non recevoir côté gestion du foncier, estimant que la Métropole en avait la capacité en interne afin de proposer des logements abordables. Idem concernant un PDU-PLU-H car la Métropole et le Sytral n’ont pas les mêmes périmètres d’intervention.

David Kimelfeld, le président de la Métropole, a d’ores et déjà entamé le débat suivant : celui des moyens permettant de financer les équipements publics indispensables à ce développement. Il s’est dit favorable à un nouveau pacte et une nouvelle péréquation financière avec les communes. Renforcement et/ou autre répartition de la taxe d’aménagement ? Prolongement du principe des Pup (projet urbain partenarial) qui ont provoqué un effet levier de 50 millions d’euros durant le mandat sachant qu’ils sont longs à monter ? Autres outils  ? La réponse sera certainement pour l’après 2020.

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