Avec la CNR, la Loire arrive… jusqu’à Lyon

Publié le 29/01/2018

Au coeur du port Edouard-Herriot, le Cacoh (Centre d’analyse comportementale des ouvrages hydrauliques) travaille non seulement à la conception et à la surveillance des barrages mais également à l’innovation en matière fluviale. C’est ainsi qu’un tronçon de la Loire est modélisé en son sein pour retrouver l’équilibre du fleuve.

Un bout de Loire à l’échelle 1/100e. Soit 35 mètres de modélisation pour 3,5 km. Voilà ce que l’on trouve (entre autres) dans les bâtiments du Cacoh (Centre d’analyse comportementale des ouvrages hydrauliques) au coeur du port Edouard-Herriot, propriété de la CNR. Tout y est reproduit avec minutie afin de modéliser le déplacement du sable et réfléchir dans le cadre du Plan Loire (42 millions d’études et de travaux entre Angers et Nantes) à la création d’un « ouvrage de transition » (une sorte de barrage) permettant de ralentir l’eau et d’en relever le niveau. Phénomène d’épi, érosion et incision du lit, travaux, activités humaines: le niveau du fleuve a baissé de deux à quatre mètres au cours du siècle dernier. Une fois la nature de cet ouvrage « doux et progressif » déterminée, les travaux de sa construction devraient débuter à l’été 2020 pour une durée de trois ans.

Pas évident de modéliser des grains de sable à l’échelle 1/100e, vous dites-vous ? La CNR ne les a en fait pas mis à l’échelle géométrique mais de densité avec donc des grains moins lourds que ceux du sable. Des caméras permettent, notamment, de vérifier si l’évolution correspond à celle modélisée par ordinateur afin de concevoir des hypothèses pour amender le phénomène. Au port Edouard-Herriot, on peut voir 15 ans d’évolution de la Loire en… 90 heures.

Modélisation d’une digue avec du sable en vue de l’essai.

Avec 50 ouvrages en béton et 400 km de digues surveillés sur le Rhône chaque année via 63 000 mesures, ce discret laboratoire de réputation mondiale réfléchit aussi à la pérennité de son propre patrimoine. Pas loin du petit bout de Loire se trouve Boreal (Bio renforcement des ouvrages hydrauliques en remblais). Ce projet de recherche et d’innovation à 4,5 millions d’euros (2014-2018) permet de concevoir un renforcement des digues et barrages grâce à une réaction biochimique à l’état naturel. L’injection d’une bactérie permet de créer un pont de calcite et donc de renforcer la cohésion des grains de sable et de les solidifier… tout en permettant les écoulements. De quoi prévenir les principales pathologies connues dans les digues: érosion interne et liquéfaction. La CNR réalise le modèle physique du coeur de digue. On constate aujourd’hui une bonne concordance entre la calcification modélisée par ordinateur et celle observée in situ. Des essais sur site de cette première mondiale en matière d’hydraulique sont prévus courant 2019. Pour le moment, on ne connait pas de contre-indication à la fameuse bactérie.

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