Lyon 5e: la déchetterie fluviale est à quai

Publié le 03/12/2016

L’expérimentation d’une collecte mobile des encombrants lancée ce week-end dans le quartier Saint-Georges est une première européenne.

Thomas Rudigoz nourrissait quelques craintes. Voilà le maire du 5e rassuré. L’idée de voir une déchetterie s’installer au coeur du Vieux-Lyon, dans le secteur classé au patrimoine mondial de l’Unesco, pouvait susciter de l’appréhension. Reste que cela répond aussi à un besoin: gérer les encombrants en secteur urbain alors que les deux déchetteries lyonnaises (7e et 9e) sont déjà très sollicitées. La conséquence est connue: le dépôt sauvage dans les rues de la ville se monte à 15 000 tonnes annuelles.

Si les craintes ce sont muées en fierté c’est parce que la réponse est on ne peut plus innovante. Il s’agit d’une première européenne. Une barge de 1 000 tonnes (45 mètres sur 11) vient désormais s’amarrer au quai Fulchiron tous les samedis. Les voitures peuvent ainsi s’approcher au plus près de River’ Tri afin de décharger directement les encombrants (sauf gravats et déchets verts) sur les plateaux qui les versent dans l’une des cinq bennes prévues à cet effet. Pas de manutention donc. A la fin de la journée, la barge et son pousseur partent en direction du port Edouard-Herriot pour en traiter le contenu. La déchetterie est donc éphémère.

Propulsion electro-hydrogène

Fruit d’une collaboration entre Suez, la CFT (Compagnie fluviale de transport), la CNR (Compagnie nationale du Rhône) et VNF (Voies navigables de France), elle recèle quelques avantages évidents: pas de poids-lourds, pas d’encombrement des voiries et (bientôt) plus d’émissions de CO2. A terme, le pousseur thermique doit en effet être remplacé par une propulsion electro-hydorgène. Celui-ci devrait être au point d’ici à la fin de l’expérimentation lancée ce week-end pour deux ans.

Outre la possibilité de développer un tel système dans d’autres villes, River’Tri offre aussi quelques perspectives au développement de la logistique urbaine avec un usage économique (et non seulement de loisir) des quais et d’une voie fluviale aujourd’hui sous-utilisée.

Ce projet né d’un protocole d’un accord signé au salon Pollutec en 2014 a été cofinancé par l’Union européenne (700 000 euros), le Grand Lyon (400 000 euros), l’Ademe (267 000 euros), la Région (109 000 euros) et les partenaires (un million d’euros) pour un total de 2,4 millions d’euros.

A.B.

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