Déclassement de l’A7 : voies réservées au covoiturage dès septembre 2020

Publié le 12/04/2018

A l’occasion d‘une réunion publique ce mercredi soir, le Grand Lyon a précisé le dispositif de covoiturage qui disposera de voies dédiées et de caméras de contrôle, sur l’A6 et l’A7.

Collectifs de la Confluence versus associations du sud-ouest lyonnais : la réunion publique sur le déclassement de l’autoroute a viré à la foire d’empoigne, ce mercredi soir dans l’amphithéâtre de l’université catholique de Lyon. « Bouuuuu », « Nooooon », sifflets et noms d’oiseaux ont rythmé ce temps fort de la concertation publique qui s’étend du 4 avril au 4 mai.

Si le déclassement de l’axe est effectif depuis plus d’un an, il est ici question de « la fin progressive de l’autoroute », comme l’a exprimé le président du Grand Lyon, David Kimelfeld. L’expression a du sens tant la transformation de l’A6 et l’A7 en boulevard urbain sera lente et progressive. D’autant que le président du Grand Lyon se défend de toute « écologie punitive » – « comme Gérard Collomb » a-t-il pris soin de préciser. Pas de restriction brutale de voiries donc. « Il faut que l’on puisse avoir des alternatives », a-t-il dit. « Est-ce que vous pensez que le quartier pourra supporter une telle attente ? », a questionné un habitant.

Deux lignes de bus express

Les premiers travaux visent un abaissement de la vitesse de circulation à moins de 70 km/h et un rétrécissement des voies. Dès 2020, deux nouvelles lignes de bus express seront mises en place par le Sytral empruntant l’itinéraire déclassé.

La ligne nord, au départ de la Garde en direction de Gare de Vaise via Techlid et le Pérollier, avec un temps de parcours de 15 minutes selon la présentation de la réunion publique – 25 minutes selon le dossier de concertation. Des arrêts à TechLid nord (lycée horticole) et aux Sources sont envisagés. D’autres seraient possibles, « sans nuire à la rapidité de la ligne ». La Garde deviendrait un nœud multimodal où transitent déjà trois lignes TCL (n°3, 61 et 89) et une ligne Car du Rhône. Un parc-relais de 150 places serait aménagé.

La ligne sud est au départ de la gare d’Yvours (Irigny), en direction de Bellecour via la Confluence, avec un temps de parcours de 18 minutes. Un parc-relais de 280 places est prévu au terminus.

Ces deux lignes emprunteraient des couloirs dédiés, logés à la place des bandes d’arrêt d’urgence au nord, et de voies automobiles au sud. D’une grande capacité, elles auraient une fréquence de 8 minutes aux heures de pointe.

Piste et bande cyclable vers le sud

Un itinéraire cyclable de 5,5 km sera aussi créé, au départ de Perrache, en direction d’Oullins et Pierre-Bénite. Il emprunterait le quai Perrache, le long des immeubles de la Confluence, via une piste bidirectionnelle, et le quai Pierre-Semard. Une voie verte piéton/vélos est prévue sur le pont de  la Mulatière, protégée de la circulation automobile. Cet itinéraire desservirait aussi la gare d’Oullins.

Le Grand Lyon sait bien qu’en attendant la réalisation de l’Anneau des Sciences à horizon 2030, le trafic restera important sous Fourvière. Sur les 115 000 véhicules/jour qui circulent, seuls 16 000 dépendent d’un trafic national ou international appelé à se reporter à l’Est, sur l’A46 et l’A432 (qui dessert l’aéroport Saint-Exupéry). Or parmi les 99 000 véhicules/jour restants, près de 90% sont occupés par le seul conducteur. C’est là tout l’enjeu du covoiturage que veut mettre en place la Métropole à partir de septembre 2020. De la Garde à Valvert, deux voies y seraient consacrées, au centre de la chaussée. De Pierre Bénite à Perrache, les deux voies dédiées seraient partagés avec les bus, toujours au centre de la chaussée. Des caméras viendraient s’assurer que les véhicules seraient bien occupés par plusieurs personnes, interpellant les contrevenants par des messages d’alerte sur les panneaux dynamiques visant nommément leurs plaques d’immatriculation. Une verbalisation serait possible en cas d’infractions répétées (135 euros). Une vingtaine de stations de covoiturage seraient aménagées, par exemple au droit de la Confluence et de Perrache, à l’image des arrêts de bus, pour déposer ou récupérer des passagers. « C’est un apprentissage collectif (…) cela ne va pas marcher du jour au lendemain », a prévenu David Kimelfeld. A son lancement, le dispositif ne fonctionnerait que durant un créneau de trois heures le matin. « En cas de grandes difficultés, il y aura la possibilité de lever cette voie  réservée », a indiqué une fonctionnaire du Grand Lyon.

Fracture donne de la voix

Le temps d’échange avec la salle n’a pas été franchement fécond, révélant surtout la colère des habitants du sud-est lyonnais. L’association Fracture a ainsi fait entendre sa voix. « Vous avez un beau projet lyonno-lyonnais », a ironisé l’un d’eux. Une autre a contesté le terme de contournement de l’agglomération, faisant valoir que Corbas, Mions et Solaize, traversées par l’A46, étaient parties prenantes du Grand Lyon. « Quelles sont les compensations pour le sud de Lyon ? », a interrogé un 3e.

Le maire de Pierre-Bénite, Jérôme Moroge, tout en reconnaissant « une discussion plus ouverte qu’il était de mise auparavant » (sous Gérard Collomb, ndlr), a demandé à être associé à la définition d’arrêts intermédiaires pour la ligne express. Denis Broliquier, maire du 2e arrondissement, a dit espérer que le cours Verdun ne serait « pas oublié ». Au vu des visuels présentés, il s’est interrogé sur le maintien de stationnements le long du quai Perrache.  « Ce sont des images d’intention », a répondu David Kimelfeld, qui a assuré que des places pour les personnes à mobilité réduite seraient maintenues, tout comme des aires de livraison. Certains intervenants ont fait remarquer que les deux parcs relais s’annoncent « sous-dimensionnés » – ce que le président du Grand Lyon a bien reconnu, engageant des études pour leur futur agrandissement.  Un autre s’est interrogé sur les mesures qui seraient prises pour interdire définitivement les poids lourds du tunnel de Fourvière.

 

 

 

 

 

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