Déclassement de l’A6/A7 : un radar tronçon pour les camions

Publié le 30/11/2017

Quelque 20 millions d’euros vont être débloqués pour aménager des couloirs de bus et favoriser le covoiturage. Le Grand Lyon envisage la mise en place d’un radar tronçon pour obliger les poids lourds à contourner l’agglomération par Saint-Exupéry.

La Métropole a précisé son calendrier à la suite du déclassement de l’autoroute arraché l’an dernier. La transformation en boulevard urbain sera obtenue pas à pas. Il faudra patienter. « Que dirions-nous si on attendait 2030 pour faire des premières réalisations ? » a questionné le président du Grand Lyon, David Kimelfeld.

Le radar préféré au péage

Le Grand Lyon a toujours fixé deux préalables avant d’obtenir un boulevard urbain à la circulation apaisée. D’abord réussir à détourner le trafic de transit sur l’A432 (qui longe l’aéroport St-Exupéry) via un contournement est. Le préfet a assuré de la réalisation de l’élargissement de l’A46 en 2×3 voies et du traitement des nœuds de Ternay et de Manissieux à horizon 2023. C’est par là que les poids lourds en transit seront contraints de cheminer, quand bien même l’itinéraire fait 35 km de plus que Fourvière. Pour les y obliger, un radar tronçon sera mis en place qui sanctionnera les camions qui continueront de passer par la Presqu’île, le périphérique ou la rocade est. Une mesure de nature à rassurer les Lyonnais sur le respect de l’interdiction, tant les poids lourds continuant à enfreindre la réglementation sont nombreux dans le tunnel.

Ici la verbalisation se fera sur la base de leur temps de trajet : ceux qui livreront ou feront une halte à Lyon ne seront pas concernés. Ce dispositif nécessitera un changement législatif, et pourrait ouvrir la voie à la même interdiction pour les voitures en transit. La mesure a l’avantage d’être radicale, à défaut de rapporter des recettes à la collectivité.

Ensuite, la Métropole entend toujours boucler le périphérique par l’Anneau des Sciences – un ouvrage quasi totalement enterré comprenant sept portes, de Valvert à Saint-Fons via les Hôpitaux sud et la Saulaie. Le Grand Lyon pourrait lancer l’enquête publique après 2020 pour une réalisation en 2028. L’ouvrage qui a fait l’objet d’un débat public en 2012 et 2013 coûterait la bagatelle de 2,5 milliards d’euros dont une partie apportée par le concessionnaire moyennant la mise en place d’un péage. Pour arracher quelques financements supplémentaires, la collectivité songe à créer un établissement public, à l’instar du Grand Paris, pour faire contribuer les entreprises desservies, a soufflé Jean-Luc Da Passano, vice-président en charge des grands ouvrages. A Paris, les particuliers sont aussi sollicités.

Bus et covoiturage

En attendant, la collectivité a confirmé les orientations déjà dévoilées et précisé un premier budget de 20,2 millions d’euros d’ici à 2020. Des bus en site propre seront aménagés sur les bandes d’arrêt d’urgence au nord du tunnel de Fourvière, entre la Garde (porte de Lyon) et le Perollier puis jusqu’à la gare de Vaise. Une ligne express avec un arrêt intermédiaire au niveau du lycée horticole de Dardilly qui mettra tout de même 30 minutes à rallier son terminus. Au sud de Perrache, le bus d’une centaine de places devra partager son couloir avec les taxis, voitures électriques et covoitureurs aux heures de pointe, entre la halte d’Yvours à Irigny et Bellecour. Cette expérimentation va nécessiter des outils de contrôle pour s’assurer du nombre d’occupants par véhicules et l’aménagement de trois parcs de covoiturage, dont un à Solaize. Parallèlement, la collectivité va aménager une piste cyclable sur le quai Perrache, le quai Pierre Semard (tous deux parallèles à l’A7) puis l’avenue Jean-Jaurès en direction de Pierre-Bénite.

Les vitesses maximales passeront à 70 km/h sur l’ensemble des 16 kilomètres de linéaire. Ce n’est qu’à horizon de 2030 que la collectivité envisage le pont des Girondins reliant la Confluence à Gerland, et la reconfiguration du centre d’échanges de Perrache.

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