Sytral : le bras de fer avec la Région prend fin

Publié le 01/09/2017

Un système de vote pondéré a été imaginé pour satisfaire les revendications de Laurent Wauquiez dont les élus font leur entrée au comité syndical de l’autorité organisatrice des transports lyonnais.

Les vacances de la présidente du Sytral, Annie Guillemot, en ont fait les frais. La trêve estivale a été le témoin d’une sourde bataille entre le syndicat de transport lyonnais, la Métropole de Lyon et la Région. Enjeu : le remplacement des quatre élus départementaux siégeant au comité syndical du Sytral (28 au total) par des élus issus de la Région. En effet, en application de la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République), les compétences du Département en matière de transport (non urbain et scolaire) tombent dans l’escarcelle de la collectivité présidée par Laurent Wauquiez. Et celui-ci a passé quelques coups de fil en juillet, pour faire échouer le plan concocté par Annie Guillemot et Gérard Collomb. Ce bras de fer s’est joué concomitamment avec celui de la renégociation du contrat de plan Etat-Région (CPER), dont les négociations s’avèrent très tendues. David Kimelfeld, président du Grand Lyon, a confié vouloir « convenir des désaccords et avancer sur les points d’accord » avec le président du conseil régional.

Une délibération retirée le 21 juillet

S’agissant du Sytral, l’ex-ministre de François Fillon rechignait à donner autant d’argent (49 millions d’euros par an après négociation) pour un faible poids politique. Comme pour le CPER, il souhaite réduire sa participation aux projets lyonnais pour mieux soutenir des territoires plus désargentés. Annie Guillemot avait donc dû en rabattre le 21 juillet, retirant la délibération. Les coups de fil n’ont depuis pas cessé. Un nouveau dispositif a été imaginé, « à la carte », présenté ce jeudi, reposant sur une pondération du nombre de voix. Tout dépend de l’ordre du jour. Pour toute délibération d’intérêt commun, quatre suffrages seront accordés aux représentants de la Métropole, deux à ceux d’Auvergne-Rhône-Alpes et un aux intercommunalités. Pour tout sujet relatif au transport non urbain, un suffrage sera donné aux élus métropolitains et intercommunaux et sept aux élus régionaux. Pour toute affaire relative au transport urbain, les élus régionaux ne prendront pas part au vote. Et pour celle relative à Rhônexpress, seuls les élus venus du Grand Lyon trancheront. La Région ne peut voter que sur ses compétences car elle a perdu la clause générale de compétence, a expliqué la présidente du Sytral. Le système a été adopté à l’unanimité. 

Guillemot et Guilloteau s’en vont

Ce jeudi, l’exécutif a aussi été remanié, de manière à ce que la Métropole envoie un vice-président délégué et la Région le 1er vice-président. Il restera aux différentes collectivités et autorités à désigner leurs futurs représentants. Christophe Guilloteau, président du Nouveau Rhône, a souhaité que les élus régionaux soient originaires du Rhône. « Pour vous, une page se tourne, pour nous le livre se ferme », a-t-il joliment déclaré. L’émotion a aussi gagné Annie Guillemot, qui présidait son dernier comité syndical. Sénatrice, elle est rattrapée par la loi contre le cumul des mandats. « On touche ici à la vie quotidienne des gens », a-t-elle insisté. Michèle Vullien est favorite pour prendre sa succession, le nom de Fouziya Bouzerda est également soufflé.

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