Plan Oxygène : des voies de bus sur l’A6 et l’A7

Publié le 21/06/2016

 

Le président de la Métropole a dévoilé ce mardi les grands axes d’un plan d’actions destiné à faire reculer de 15% des concentrations en particules fines d’ici à 2020, et de 20% du dioxyde d’azote.

 

Les pessimistes diront qu’il s’agit de mesurettes, les optimistes d’un cap… qui reste à confirmer. La Métropole met la main au plan Oxygène, un programme d’actions pour réduire de 15% des concentrations en particules fines d’ici à 2020, et de 20% du dioxyde d’azote, ce qui nous rapprocherait des valeurs européennes. L’an dernier, l’agglomération a accusé 42 jours de dépassements des seuils réglementaires (contre 31 en 2014 – du fait d’une météo plus clémente – et 52 en 2012). Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 5 à 7 mois d’espérance de vie pourraient être gagnés.

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Concentration en PM10, moyennes annuelles de 2015, Air Rhône-Alpes

Les objectifs de la Métropole ne sont pas hors de portée. Ainsi les concentrations en particules fines PM10 auraient-elles reculé de 48% en quinze ans, tandis que celles en dioxyde d’azote auraient chuté de moitié. Grâce aux innovations technologiques, des bénéfices ont été atteints : la tour Incity consomme deux fois moins d’énergie que la tour Oxygène, pourtant pas si vieille. Et Confluence héberge plusieurs édifices à énergie positive comme Hikari. « Moins un bâtiment consomme, moins il émet de polluant », a souligné Thierry Philip, vice-président en charge de la Santé. Le Plan Eco Renov a conduit à la réhabilitation de 650 logements sur l’agglomération. Gérard Collomb communique aussi sur le milliard d’euros mobilisé dans le mandat (2014/2020) pour développer les transports publics, en particulier le prolongement du métro B aux hôpitaux Sud (2023), le tramway T6 vers les Hôpitaux Est et le passage de C3 en site propre. Il s’engage aussi sur la réalisation de 1000 km de pistes cyclables supplémentaires, et l’extension du réseau Velo’V.

« Tout cela est bien, mais cela ne suffit pas », a tranché la directrice d’Air Rhône-Alpes, Marie-Blanche Personnaz, qui appuie le plan Oxygène. Alors que Paris a déjà interdit l’entrée aux vieux diesel (aux poids lourds puis aux voitures particulières), que Grenoble est en passe de faire de même avec les véhicules de livraison, Lyon avance à pas de loup. Tout juste Gérard Collomb promet-il une «large concertation » pour la création d’une zone à faibles émissions – terme préféré à celui, générique, de zone à circulation restreinte. Elle pourrait déboucher sur le même genre de mesures que Grenoble, avec des centres de distribution urbaine accueillant en périphérie les poids lourds et utilitaires polluants tandis que des véhicules moins émissifs prendraient le relais afin de desservir le périmètre central dense (sans doute Lyon et Villeurbanne). En tout état de cause les voitures des particuliers ne seront pas concernées. Une étude – une autre – sera lancée pour la mise en place de primes – en vigueur à Grenoble – pour le remplacement des vieux poêles à bois et cheminées. Un équipement obsolète émet 30 fois plus de poussières qu’un foyer performant labellisé flamme verte. Les premières aides aux particuliers devraient tomber en 2017.

declassement

En revanche, une avancée significative est en train d’être conduite avec le déclassement de l’autoroute A6/A7 entre Pierre-Bénite et Limonest, dont le décret est attendu d’ici à la fin de l’année. Le président de la Métropole laisse entrevoir des premiers aménagements à réaliser avant 2020. Ce mardi, il a annoncé la création de voies réservées aux bus, dans chaque sens, satisfaisant une revendication des maires – en particulier de l’ouest de l’agglomération – de lignes directes. A ce jour, aucun bus n’emprunte l’autoroute. Pour autant, bus et autos resteraient mélangés à l’intérieur du tunnel de Fourvière où la circulation se fait sur 2×2 voies. Gérard Collomb a aussi évoqué la plantation d’arbres et de végétaux, au niveau des terres-pleins centraux, pour conférer une physionomie moins autoroutière à l’axe. Le maire de Lyon a enfin réaffirmé sa volonté de réaliser l’Anneau des Sciences pour boucler le périphérique, à horizon 2030. C’est seulement à cette échéance que l’autoroute déclassée prendrait son aspect définitif de boulevard urbain.

Pour aller plus loin, lire le dossier « Lyon sans autoroute : à quand le vrai changement ? » dans le magazine Nouveau Lyon, actuellement en vente chez votre marchand de journaux.

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Commentaires sur Plan Oxygène : des voies de bus sur l’A6 et l’A7

  • Humbert dit :

    Il serait grand temps et urgentissime d’accéder à la chaussée de l’autoroute pour les habitants de Perrache Confluence qui sont confinés dans le triangle rectangle le plus pollué de Lyon.
    Cela suffit, nous ne pouvons plus attendre les bonnes dispositions de tous ces hommes politiques qui ne songent qu’à leur reclassement politique et non pas au déclassement.