La Cité de la gastronomie commence à se dévoiler

Publié le 07/04/2016

Les premières esquisses du projet phare de l’Hôtel-Dieu ont été montrées aujourd’hui. Demeure toutefois un certain nombre de questions quant au business plan de la Cité.

Enodo-Dissidentia

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C’est ce qui s’appelle un lancement en grande pompe. Une montée du grand escalier de l’hôtel-de-ville digne des marches cannoises, des grands salons archi-combles, des grandes toques à foison, de grands discours à n’en plus finir… et un grand Régis Marcon au propos clair et précis.

Le chef étoilé, président du comité d’orientation stratégique de la Cité de la gastronomie, a esquissé le « parcours du goût » et le « pôle de compétences » (1) qui vont l’irriguer. Il y aura évidemment une exposition permanente « ludique, qui va raconter l’histoire alimentaire de l’homme et l’évolution des cuisines du monde afin de comprendre ce que l’on mange maintenant ». Selon le chef, à l’issue d’une véritable expérience sensorielle, chacun comprendra pourquoi il a faim, pourquoi il a soif et « il saura quel type de gastronome il est ». Le « passage à table » permettra de mettre en valeur le service, la sommellerie, l’art de la table à la française ; etc.

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Des messages scientifiquement validés

Mais s’il est question d’alimentation et de santé, c’est qu’il va s’agir « de donner les bons messages, validés scientifiquement, en matière de nutrition, explique Joëlle Goudable du CENS (Centre européen nutrition santé). Attention, ce sera un lieu de rencontre, pas de consultation médicale ». Chacun insistant sur le lien entre plaisir, gastronomie et santé.

Physiquement, la Cité de la gastronomie se situera sur trois des branches du dôme des quatre rangs, l’espace central par lequel on accédait déjà au Musée des HCL. Au rez-de-chaussée, accueil, boutique et… restaurant. A l’entresol, la partie historique de l’exposition permanente (2 600 m2 au total). On trouve également… un café et un espace de démonstration animé par des cuisiniers, des pâtissiers, des fromagers, etc. Au 1er, place aux expériences sensorielles (goûter, sentir, toucher les produits…). Au 2e étage, les expositions temporaires dédiées aux pays et aux produits. Au total, deux espaces de 630 et 750 m2 y sont consacrés.

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180 000 visiteurs escomptés

Si les intervenants ont été prolixes sur le contenu, l’aspect financier a été « oublié ». On sait que la Cité de la gastronomie représente un investissement de 19 millions d’euros. Lyon, la Métropole, la Région et Eiffage mettent deux millions chacun. Il en manque donc encore 11. Même si Gérard Collomb ne cache pas son optimisme pour un projet, semble-t-il, si attractif. Sachant que l’ouverture est prévue pour fin 2018. Côté fonctionnement, la Cité est censée s’équilibrer seule avec d’un côté des exposants qui paieraient pour s’installer et de l’autre des projections à 180 000 visiteurs payants par an. Même si rien n’est confirmé officiellement, on parle d’un prix d’entrée à 9 euros par personne.

A.B.

  1. Toute la filière, des producteurs aux chercheurs, en passant par les métiers de bouche et des philosophes sera amenée à collaborer dans le but d’innover.

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