L’Hôtel-Dieu à l’encan

Publié le 04/04/2016

La commercialisation des 52 000 m2 du site vient de débuter en vue d’une ouverture étalée entre 2017 et 2018.

GHD_axiono_blanc_noir 180113

Crédit: Eiffage

Il y a eu les grandes manoeuvres pour répondre à l’appel à projet des Hospices civils de Lyon en 2010-2011. Eiffage, associé aux architectes Albert Constantin et Didier Repellin, a emporté le morceau face à Nexity/Ricciotti/Naviglio. Puis il a fallu trouver un investisseur pour réaliser ce « Grand Hôtel-Dieu » new look. C’est le Crédit Agricole qui a mis au pot l’an dernier. On va désormais commencer à savoir quel visage va prendre, côté boutiques, ce bâtiment emblématique de la générosité des Lyonnais avec le lancement de la commercialisation des quelque 52 000 m2 de l’ensemble.

Pour les 143 chambres de l’hôtel cinq étoiles (13 237 m2), pas de suspens. On sait depuis l’origine qu’il sera exploité par Intercontinental. C’est également la chaîne qui gérera le centre de convention (2 740 m2) et sa salle pouvant accueillir 500 personnes. Tout comme la Cité de la gastronomie (3 823 m2), cette partie devrait ouvrir fin 2018.

17 635 m2 de boutiques 

Dès l’an prochain, le tertiaire sera en fonction. Les 13 422 m2 de bureaux se répartissant entre l’ancien (7 200 m2) et les bâtiments neufs donnant sur la rue Bellecordière actuellement en construction (6 240 m2). Mais le gros morceau, ce sont évidemment les commerces avec 17 635 m2 de surface utile (45 boutiques et moyennes surfaces, 9 bars et restaurants). Comme on en est aux prémices, les grandes formules sont de rigueur. On promet ainsi de voir « l’innovation commerciale entrer dans l’histoire lyonnaise » au fil des cours. La cour du Midi serait ainsi dédiée «  à la mode et au lifestyle » avec « des concepts stores inédits à Lyon, tournés vers l’expérience et l’échange », selon Anne Genot (Scaprim), chargée de drainer les enseignes nouvelles vers la ville. La cour Saint-Martin sera consacrée au design et à la décoration. La cour Elisabeth accueillera l’alimentaire « de qualité » et celle du cloître tout ce qui concerne la beauté (cosmétiques), la culture et les loisirs.

300 euros le m2 ?

Si, comme à l’habitude, les promoteurs du projet ont mis les petits plats dans les grands en effectuant la présentation sous le (monumental) grand dôme, ils ont été plus pingres dès qu’ils s’est agi de causer chiffres. Impossible de savoir combien le Crédit Agricole a investi pour « développer et exploiter le Grand Hôtel-Dieu ». Jean-Jacques Duchamp, le directeur général adjoint de Crédit Agricole Assurances, se bornant à parler de « plusieurs centaines de millions d’euros, c’est-à-dire plus de deux cents ». Le chiffre le plus couramment évoqué étant celui de 250 millions d’euros. Même pudeur concernant les commerces. Anne Genot évoque « une offre premium mais pas de luxe dans la fourchette haute des loyers lyonnais ». Au vu du prix du mètre carré hors taxe pour l’immobilier professionnel (285 euros, chiffres 2013), on peut imaginer que l’offre tournera autour de 300 euros à l’Hôtel-Dieu. La commercialisation a été confiée à Jones Lang Lassalle et Cushman & Wakefield. L’avenir dira si la mise sur le marché d’une telle surface totale ne comporte pas de risque de déstabilisation du commerce en presqu’île, surtout à côté d’un quartier Grôlée (19 000 m2 de baux) dont Gérard Collomb promet (toujours) le remplissage.

Alexandre Buisine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaires sur L’Hôtel-Dieu à l’encan